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L'idée était venue à Passi, l'un des rappeurs du Ministère Amer, de réunir ses compatriotes rappeurs d'origine congolaise, comme lui, sur un titre de son album solo. Les problèmes de contrat ayant empêché la publication de cette chanson n'altèrent en rien l'alchimie constatée, Passi réussit son entreprise au-delà de ses espérances quand l'album
Racines devint l'un des plus gros succès rap de 1999. Avec les jumeaux des 2 Bal, Mystik, les frères Lino et Calbo d'Arsenik, Ben-J des Neg' Marrons et M'Passi de Melgroove, le Bisso Na Bisso de Passi inventait un langage consensuel réunissant dans une même ferveur les anciens et les jeunes, les rappeurs et les grands noms de la musique afro-antillaise. Les tubes "Tata N'Zambé" et "Bisso Na Bisso", les adaptations de chansons marquantes d'Afrique francophone comme "Liberté", la présence d'invités prestigieux (Papa Wemba, Ismael Lo,Koffi Olomide, Jacob Desvarieux...), tout cela forme un cocktail chaleureux démontrant la pérennité des racines africaines dans le rap parisien du moment.
--Jean-Eric Perrin
Critique
Initié par le rappeur franco-congolais Passi, le collectif d'artistes Bisso Na Bisso se réunit tout d'abord pour une unique chanson intitulée
« L'Union » qui
figure sur le premier album du leader,
Les Tentations (1997). La sauce prend si bien que les membres mettront tout en mesure afin d'accoucher de l'album
Racines... (1999), après deux ans de gestation.
Véritable miroir de la philosophie panafricaine, l'album fédère huit franco-congolais qui invitent un panel d'artistes comme Monique Seka, Papa Wemba, Lokua Kansa, Jacob Desvarieux (Kassav'), Tanya St Val ou Koffi Olomide. Ce projet unique réalisé dans le but de fusionner les cultures africaines avec le rap français engendre quinze titres qui embrassent les souvenirs et traduisent les idéaux de chacun. Les sujets politiques, comme l'hommage rendu au chanteur Franklin Boukaka (
« Liberté »), côtoient des thèmes plus spirituels (la sorcellerie des
« Légendes africaines ») ou festifs (
« Africa By Night »). C'est d'ailleurs avant tout l'espoir, les aspirations et l'énergie de ces artistes bouillonnants qui se dégagent chaleureusement de leur hymne
« Bisso na bisso » (« Mais jusque dans la tombe on va danser sur bisso, non ? »). Quoi de plus propice en effet, pour générer les plus grands élans fraternels, que la danse et la musique ?
Sophie Lespiaux - Copyright 2012 Music Story