"Sibaris" est un acte de ballet qui, sous le titre "Les Sybarites", fut ajouté comme 4ème "entrée", en même temps qu'"Anacréon", à la deuxième version des "Surprises de l'Amour" en 1757. Le livret de Marmontel est mince : il peint l'opposition entre la philosophie hédoniste des pacifiques Sybarites et celle, plus virile, des guerriers Crotoniates, ainsi que l'improbable retraite de ces derniers face aux séductions des plaisirs amoureux.
La musique de Rameau contient, comme toujours, de belles choses, que Franck-Emmanuel Comte s'efforce de restituer, mais sans grande souplesse. Il est d'ailleurs desservi par une prise de son qui manque de fondu. Parmi ses solistes, le baryton-basse François Bazola incarne parfaitement le belliqueux Astole, tandis que le ténor Philippe Noncle est un Agis convenable, mais la voix de la soprano Noémi Rime (Hersilide) manque de la séduction nécessaire pour incarner la suavité des plaisirs.