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5.0 étoiles sur 5
Hey Oh, Let's Go !, 20 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ramones (CD)
Commencez par la pochette : un noir et blanc basique, 4 types aux allures déglinguées, 4 glandeurs même pas soignés, faux frères aujourd'hui tous disparus (à l'exception du batteur). Et cette entame, éternelle : « Hey Oh, Let's Go ! » ... mais où ça ? En plein dedans ! On se figure mal en effet le choc de la sortie de cet album, en 1976, alors que le paysage rock est dominé par des super musiciens aux budgets d'enregistrement proches des productions hollywoodiennes. Car avant tout, le premier album des Ramones est un disque enregistré vite, sans argent et sans talent (apparent, du moins, les Ramones ayant décidé de faire de la musique avant même de savoir la jouer, de peur d'arriver trop tard) : 6400 dollars, 17 jours, 14 morceaux (auxquels s'ajoutent ici une dizaine de démos pur jus), 28 minutes de musique (sans les bonus). Le métronome du studio est bloqué à 128 beats et toutes les chansons sont enregistrées à une vitesse plus lente qu'en concert, ce qui ne les empêche nullement d'être bien plus rapides que la moyenne et de jouer parfaitement leur rôle. Des musiciens amateurs, une guitare Mosrite bleue dénichée en occasion par Dee Dee dans une boutique new-yorkaise, ce grand échalas de Joey, a priori le moins à l'aise des quatre, placardé au poste de chanteur au tout dernier moment, un look incroyable -jeans troués, perfecto, coupe de cheveux genre Beatles idiots- et des chansons comme personne n'en avait jamais entendues avant : des compos minimalistes, réduites à quelques vers, à un refrain, à des éclairs de violence ou de provocation gratuites (mais pas si gratuite que ça, en 1976 la "crise" était déjà là!), un fonds d'ennui qui rappelle le "1969" des Stooges (« It's 1969 and i don't care »!), des textes nihilistes ("Now I Wanna Sniff Some Glue"). Des chansons directes, sui sont comme l'essence distillée à la goutte du Rock & Roll : on cherchera en vain un seul titre faible, tout est essentiel ici. Pourtant, la critique est divisée : provocation ? Crétinisme ? Art brut? Génie? Elle ne sait pas trop quoi faire de ces faux frères. A la réécoute aujourd'hui, les racines de cette musique semblent évidentes : la pop garage et le bubblegum d'avant Sgt Pepper, la Tamla-Motown (« I Wanna Be Your Boyfriend »), bref le rock juvénile, direct et simple des temps de l'innocence. Sauf qu'entre-temps, l'innocence n'est plus vraiment possible : ce retour impossible vers l'innocence aura un nom : Punk. Et les Ramones en prendront pour 20 ans. Le choc est encore intact. Indispensable!
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5.0 étoiles sur 5
Réinventer Phil Spector, 30 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ramones (CD)
Dans le microcosme New Yorkais, le punk est un mode de vie dès 1973, alors que Sid Vicious est encore un ado pré-pubère. Johnny Thunders et les Dolls sont des stars et tous les petits parias veulent lui ressembler. Le futur Joey Ramone chante dans un groupe Glam, habillé en fille ; Dee Dee compose des chansons dans sa tête, sans savoir jouer d'aucun instrument. Pour tout ce petit monde, la musique, ce sont les girls group des années 60 et les groupes garage de la même époque. Mais surtout les girls group : Shangri-La's, Chiffons, Jackie DeShannon, et, bien sûr, toute l'écurie Spector, des Crystals aux Ronnettes en passant par Ike & Tina Turner. Des mélodies sucrées, imparables, des paroles simples, naïves, et enfin, last but not least, un gros mur de son.
Bien sûr, l'innocence des sixties, les Baby I Love You et Be My Baby, ça colle mal avec le paysage. Tous ces jeunes gens trainent dans les quartiers les plus sordides de New York, et avec la crise économique, ils sont devenus vraiment sordides. Mais qu'à cela ne tienne : leur quotidien, ils vont le décrire avec la même candeur que dans les 60's. Les Ramones mettent rapidement au point leur concept. Ils ne savent pas ou presque jouer de leurs instruments, qu'ils ont payés une poignée de dollars au pawn shop du coin. Seul le batteur connait son affaire. Joey sait chanter mais il est maladivement timide. Il faut donc jouer la carte de la simplicité maximale.
Dee Dee et Joey composent alors ces chansons qui, sur des mélodies dignes des Beach Boys, racontent la vie à New York, leur vie. Il y a des histoires de gamin tabassé à coup de batte de baseball (Beat On The Brat), la prostitution masculine à laquelle Dee Dee se livre régulièrement (33rd & 3rd), un couple de punks mythiques (Judy is a Punk), une sombre histoire de viol (I Don't Wanna Go Down to the Basement) mais surtout l'ennui affreux qui plane (Now I Wanna Sniff Some Glue / now I wanna have something to do): autant de tubes au refrain imparable, soutenu par des choeurs, des mélodies qui s'impriment immédiatement dans la mémoire de l'auditeur. La guitare de Johnny, qui joue tout en accords barrés, produit un mur du son qui remplace efficacement la production Phil Spector.
Bien sûr, cette simplicité va en dérouter plus d'un, tout comme le look jean - perfecto, un véritable uniforme qu'ils s'imposent avec rigueur. On les accuse d'être idiots, de faire une musique sans intérêt, bruyante, rapide et mal jouée. Toutes les critiques habituelles à l'égard du punk, de la part de ceux qui n'ont toujours rien compris au mouvement. Ressusciter la magie des 60's, tout en parlant du quotiden, dans un langage direct. Les Ramones ont accompli leur mission, haut la main. Leur trois premiers albums sont parfaits, indispensables.
A noter que les Ramones rencontreront Spector, qui produit "End Of The Century". Fausse bonne idée : il n'a rien à apporter au groupe. Ils ont déjà réinventé le mur du son spectorien : Spector ne peut pas les réinventer.
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un must have !, 17 janvier 2011
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Tout a été dit sur les RAMONES ! Alors pour celles et ceux qui ne connaissent pas c'est LA REFERENCE punk rock. C'est bien les RAMONES qui ont donné le départ de ce fameux mouvement punk rock et toutes ses déclinaisons !!
alors comme eux : HEY HO LET'S GO !!
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