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4.0 étoiles sur 5
Charmante diva Quiet Storm, 24 août 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Randy Crawford - Hits (CD)
Inutile de gloser indéfiniment sur la qualité des films de Quentin Tarantino : beaucoup l'ont déjà fait, et bien mieux que moi... Attardons-nous plutôt sur leurs soundtracks, qui au gré d'une fructueuse filmographie, nous ont permis d'apprécier un réalisateur mélomane aux goûts sûrs et variés, et de découvrir ainsi une flopée d'artistes plus ou moins confidentiels, avec une prédilection évidente pour la frange folk-soul des seventies : quel bonheur d'entendre Minnie Riperton, chanteuse soul dramatiquement oubliée et disparue beaucoup trop tôt à 31 ans, les délicates envolées pop-soul des Delfonics (les Beach Boys noirs !), Stealers Wheel, duo folk-pop anglais qui aurait le talent de Crosby, Stills & Nash mais la reconnaissance médiatique de Nick Drake, ou encore Al Green, dont Let's Stay Together, devenu un des morceaux emblématiques de Pulp Fiction, a été redécouvert par toute une génération grâce au film.
Bref, laissons là ces quelques digressions pour évoquer le cas de Randy Crawford, chanteuse américaine méconnue, présente sur la bande-son de Jackie Brown (Streetlife), et dont le principal tort est d'avoir publié ses disques les plus intéressants dans les années 80, période éminemment trouble pour la soul-music. Même si son meilleur album reste "Secret Combination", produit en 1981 par le vieux sorcier Tommy LiPuma en présence d'illustres requins de studio (Toto...), cette compilation retrace assez fidèlement son parcours, et surprend par la variété des styles abordés : impossible de ne pas taper du pied en écoutant un de ses tubes, le funkissime Streetlife, enregistré avec le concours des Crusaders, Rainy Night In Georgia, titre emprunté au soulman blanc Tony Joe White, est un incontestable chef-d'œuvre largement supérieur à l'original, dont les subtils arrangements jazzy confèrent à la chanson un charme laid-back indéniable, You Might Need Somebody, aux savoureux accents Steely Daniens, repris à la virgule près par cette pimbêche de Shola Ama, quelques petites douceurs Quiet Storm (Rio de Janeiro Blue, Secret Combination...), jusqu'à sa version de la vieille scie de George Benson, Give Me The Night, où elle semble accompagnée par Massive Attack...
Si vous arrivez à gratter le clinquant vernis eighty, vous découvrirez ainsi une des plus intéressantes chanteuses de l'époque, pas si éloignée de la langoureuse Sade, et même si sa carrière comporte quelques encombrantes zones d'ombre (au moins un tiers des titres de ce disque sont négligeables, et récemment, elle participait au spectacle Night of the Proms...), cette compilation est un excellent panorama de cette charmante diva soul...
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