Récit d'une vie fantasmée, Rapport sur moi bénéficie d'une écriture sobre, efficace et agréable. Le narrateur se penche sur divers épisodes de sa vie sans ordre chronologique qui s'articulent néanmoins pour expliquer pourquoi et comment il en est arrivé à ce qu'il est à l'aube de la quarantaine. Enrichis de flashs, d'images qui sonnent aussi justes que de véritables souvenirs, ces moments de sa vie sont décrits avec détachement parfois même avec une précision psychanalytique. Et justement la sexualité est omniprésente dans cette vraie fausse autobiographie et Freud aurait eu les yeux humides à la lecture de ce roman. La sexualité débridée de parents partouzeurs amateurs ou du frère gay, hétéro refoulé, marque et construit la personnalité du personnage principale sans envahir, de justesse, la narration. Une fois de plus dans la nouvelle littérature française, cependant, la fesse est l'alpha et l'oméga un peu trop systématique des multiples facettes de l'individu. Mais la chose n'est pas rédhibitoire et ce livre s'avale littéralement, car il est, tout simplement, bien construit et écrit.