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5.0 étoiles sur 5
Monique Haas joue Ravel : en toute clarté, 6 avril 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ravel : Concerto pour piano en sol - Concerto pour la main gauche - Sonatine - Valses nobles et sentimentales (CD)
En novembre 1948, Monique Haas avait déjà gravé une piquante version du « Concerto en sol », avec Hans Schmidt-Isserstedt à Hambourg.
Elle le réenregistra à Paris en avril 1965, ainsi que le « Concerto pour la main gauche », pour ce qui fut son dernier disque chez Deutsche Grammophon.
La transparence analytique de son clavier classicise ces deux opus, et trouve un accompagnateur idéal en Paul Paray : la baguette véloce et inflexible du chef normand sculpte les volumes de son orchestre pour atteindre une juste éloquence, sans romantisme mais sans sécheresse.
La saveur instrumentale des musiciens de la RTF est aussi idiomatique qu'inimitable (le basson !), superbement captée par les micros de Heinz Wildhagen qui restituent une image sonore dense, nette et aérée.
Auprès de la version ardente et visionnaire de François/Cluytens (EMI), cette lecture charnue et souverainement architecturée domine toujours la discographie.
Dix ans auparavant, en novembre 1955 à Hanovre, Monique Haas avait enregistré un programme d'oeuvres solistes de Ravel dont elle fut une interprète de prédilection.
Sa diction pure et limpide de la « Sonatine », dégagée de tout impressionnisme, sa ferme conduite rythmique des « Valses nobles et sentimentales », fuyant le rubato pour mieux y souligner les intrigues harmoniques : l'approche moderniste de la pianiste parisienne s'avère bien plus que le témoignage d'une très grande artiste ; n'est-ce pas un modèle de ce qu'on souhaiterait toujours entendre dans ces pages ?
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