« Ici WKFM, Los Angeles. Nous saluons le retour sous nos palmiers du groupe The Bird And The Bee, après une tournée triomphale, et en appui d’un premier album éponyme qui ne l’a pas moins été, triomphal, ce qui a surpris tout le monde, à l’exception de votre radio favorite. A nos côtés, Greg Kurstin (The Bird - qui a, on le rappelle, produit au mieux de sa forme, Lily Allen et même, heu…, Kylie Minogue), et Inara George (The Bee - soprano suave, qui vient par ailleurs d’enregistrer un deuxième album solo, produit par Van Dyke Parks, arrangeur et alter-ego de Brian Wilson, des Beach Boys).
Alors que leur effort initial avait défrayé la chronique des pistes de danse de la planète,
Ray Guns… trahit l’écoute répétée – et avouée – des maîtres brésiliens des années soixante-dix (Jorge Ben le grand, et Caetano Veloso l’immense), et de…l’air du temps. Ce deuxième album offre en effet quelques inflexions rap (
« Polite Dance Song », et son refrain comme une idéologie absolue : « won’t you please clap your hands ») adoucies par les machines du duo, et ralenties par la langueur naturelle de sa chanteuse. Mieux encore, on y relève de vraies chansons d’amour (
« Birthday », délicate comme un gâteau à la Chantilly, même si les Beatles avaient déjà atteint des sommets sous le même titre), de vrais sautillements de
square dance (
« You’re A Cad » aurait pu être interprété par Jona
« Stop the Cavalry » Lewie, et cela ne nous rajeunit pas), et de vraies comptines (
« Baby », aussi régressif que des fraises tagada).
Le sommet de l’album restant sans contestation possible l’ode à David Lee Roth (
« Diamond Dave »), ci-devant gigolo de Van Halen, qui a manifestement impressionné Inara, alors encore petite fille (« Come on, Dave, show me what you’ve got, I can take it ! »)
, et qui a droit à une cascade de clochettes, un break tout en confidence, et un refrain particulièrement addictif. Certes, on sent les deux jeunes gens plus à l’aise dans les tempi plus mesurés (
« Ray Gun » magnifiquement inspiré du pourtant très prosaïque sujet des pistolets tasers), mais l’ensemble conserve tout du long une grâce ineffable, qui s’accorde merveilleusement avec les couchers de soleil, et le goût de l’olive du dry Martini. Mais il est temps de se tourner vers nos invités : alors, The Bird And The Bee, vous appréciez tout particulièrement Burt Bacharach, hmmh ? » – « Et bien, c'est-à-dire… ». « Et bien merci, c’était The Bird And The Bee, en direct sur WKFM Los Angeles, le centre du monde. »
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