Ce premier album de Jay-Z dégage l'aura des albums de légende fondée d'une part sur la qualité du disque mais aussi sur toutes les légendes et rumeurs qui accompagnent sa réalisation. Dope dealer patenté, jay-z aura mit 2 ans pour aboutir "reasonnable doubt" (comme Illmatic pour Nas), une période durant laquelle il multiplie les freestyles radio sans faire la moindre apparition discographique sauf sur le premier lp de Big L. Le premier single 'dead president/Ain't no nigga (ft Foxy Brown)' sort 2 semaines avant l'album et participe à en rajouter au Buzz de fou.
Une attente que Jay-z comple en s'entourant d'artistes à l'authenticité et au talent reconnu de tous ; Mary J.Blidge, reine du rnb pendant les 90's, Memphis bleek, inconnu à l'époque puisqu'il n'avait pas 18 ans et qui continue aujourd'hui d'accompagner le maitre, Foxy Brown et surtout Notorious Big qui trone à l'époque sans partage sur le rap new yorkais et qui apparait sur 'Brooklyn's finest', titre évocateur puisque les deux rappeurs seraient entrés en studio, auraient écouté cinq fois l'instrus, se seraient regardé, "i'm ready", "i'm ready too" et le morceau aurait été bouclé dans la foulée. Bien qu'on soit romantique au US, aucun de ses deux rappeurs ne pose leurs textes sur papier !! Les deux rappeurs ne se retrouveront qu'une seule autre fois en studio pour 'i love the dough' sur le second lp de Biggie.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour accompagner de charisme et de street crédibilité la verve inimitable de Jay-Z. Phases courtes, flow punchline et instrus frais et variés, cet album restera à jamais une référence du rap et il est difficile de signaler un titre plutôt qu'un autre sans engendrer un débat. Les albums suivants lui apportèrent la fortune mais c'est cet album qui lui assura toute sa carrière le respect du milieu hip hop. 'The blueprint' et 'vol3 life & times of sean carter' sont mes deux autres albums préférés de Jay-Z. Petit bémol à sa carrière : son beef (clash) avec Nas, inutile et bas de gamme qui a participé à rabaisser le niveau du rap US ces dernières années et qui a contribué à rabaisser notre culture au niveau de "culture pour ados adeptent de ghetto fiction". Soyons pas dupes, les gangstas millionaires ont des flingues en chocolat.