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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
MEDITATIF,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rebel : Sonates Pour Violon N° 1, 3-9 (CD)
Les sonates proposées sur ce disque apportent la preuve que Rebel compte au nombre de ces compositeurs dont le talent ne s'arrêtait pas à une aimable joliesse baroque ou à la volonté d'afficher une assez creuse virtuosité extravertie. Sa musique profondément pensée a véritablement quelque chose à dire et l'on sort de l'écoute de cet enregistrement avec un sentiment de douce plénitude et de paix que seuls les plus grands compositeurs de l'époque, J.S. Bach en tête, sont capables de nous offrir.Intérêt non négligeable de ces pièces: le violon n'y domine pas en despote absolu, la viole de gambe se dégageant ici et là de la basse continue pour occuper le devant de la scène ou lui donner la réplique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Sur les cimes du Parnasse,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rebel : Sonates Pour Violon N° 1, 3-9 (CD)
Comme le remarque à juste titre Andrew Manze dans son brillant texte de présentation de ce compact-disc, Jean-Ferry Rebel a trop longtemps souffert de l'immense réputation de ses contemporains : en effet, son seul véritable maître fut Giovanni Battista Lulli et son beau-frère n'était autre que Michel-Richard Delalande. De plus, le seul portrait qui subsiste à l'heure actuelle de Jean-Ferry Rebel est plus connu pour son auteur, qui est Antoine Watteau. Enfin, même dans la mort, Jean-Ferry Rebel est symboliquement éclipsé car il partage sa crypte avec le célèbre dramaturge Jean Racine... Mais à son époque (il vécut à cheval des dix-septième et dix-huitième siècles), il jouissait d'une réputation coruscante, tant de la part du monde musical ou artistique que du monde dit "civil". Dès l'âge de huit ans, il impressionna le Roi Louis XIV et son maître de musique Giovanni Battista Lulli par son jeu tellement exceptionnel. Ce dernier le conduisit au pinacle ; Jean-Ferry Rebel fit partie (et plus tard devint directeur) de l'Académie Royale de Musique (le futut Opéra de Paris), des Vingt-quatre Violons du Roy ou du Concert Spirituel. A partir de 1718 (Jean-Ferry Rebel avait alors cinquante-deux ans), il devint le compositeur attitré de la chambre du Roi Louis XV. Son cursus le mena à composer presque exclusivement de la musique profane et instrumentale. Il ne fit qu'un seul essai dans le domaine lyrique avec son opéra "Ulysse" en 1703, qui n'obtint jamais le succès escompté, ni aucune reprise dans les décénnies et siècles futurs. Jean-Ferry Rebel est avant tout réputé pour sa musique de ballet de grande qualité (notamment "Les Elémens", "Les Caractères de la Danse" ou "Les Plaisirs Champêtres). Mais il composa également des sonates pour violon et basse continue, dont le recueil de "Sonates à violon seul mellées de plusieurs récits pour la viole" (daté de 1713), duquel huit sonates sont enregistrées ici. La viole de gambe se fait dans ce recueil éloquente et surgit souvent pour offrir des passages solistes de haute envergure (concertante comme deuxième voix dans la "Musette" de la sonate n°1 en la majeur, égale du violon dans le "Viste" de la sonate n°3 en la mineur, dominatrice et reléguant le violon à un rôle secondaire dans le "Récit très doux - Gai" de la sonate n°4 en mi mineur, ou quasiment funèbre dans le "Gracieusement" de la sonate n°6 en si mineur). Jean-Louis Lecerf de La Viéville, pamphlétaire contemporain de Jean-Ferry Rebel, écrivit que ses "sonates brillassent en Italie. Rebel ya véritablement mis du génie et du feu italiens ; mails il a eu le goût et le soin de les tempérer par la sagesse et douceur françoises, et il s'est abstenu de ces chutes effrayantes et monstrueuses qui font le délice des Italiennes". Effectivement, Jean-Ferry Rebel ne doit rien aux sonates du maître en la matière italien Arcangelo Corelli ; la seule ressemblance entre les sonates des deux maîtres ne serait que formelle et structurelle.Andrew Manze au violon, Jaap ter Linden à la viole de gambe et Richard Egarr au clavecin : un trio baroque de rêve !! Comme le suggère Andrew Manze à la fin de son excellent texte sur le compositeur et les oeuvres, l'auditeur peut imaginer de se répresenter, à l'écoute de ces nobles sonates, un concert du dimanche à Versailles, en 1714, avec Jean-Ferry Rebel en personne au violon, Antoine Forqueray à la viole de gambe, et François Couperin au clavecin, tous sous l'oeil et l'oreille attentifs du Roi Louis XIV... Ce qui frappe avant tout, même lors de plusieurs auditions éloignées de ce compact-disc, c'est l'entente parfaite entre les trois instrumentistes. La prise de son, ce qui est fort regrettable, déporte littéralement la viole de gambe de Jaap ter Linden au second plan (pour ne pas dire au troisième !!), et lors de ses passages solistes, elle n'en paraît que grêle et fluette... Mais tellement bien maîtrisée, que l'auditeur hésitera entre mécontentement et ravissement. Mis à part ce problème de prise de son, le violon d'Andrew Manze est impérial : lignes mélodiques et nuances parfaitement tenues et respectées, aucun "vibrato" agaçant, inventions mélodiques et rythmiques incroyables, le tout couronné par une virtuosité ahurissante. L'auditeur lui pardonnera un excès de zèle dans le "Viste" de la sonate n°5 en ré majeur ; Andrew Manze se déchaîne (sans fausses notes !!), mais tous les autres mouvements notés "Viste" dans les autres sonates sont inteprétés plus subtilement et un peu moins rapidement. Le clavecin de Richard Egarr est lui aussi paré de tous ces qualificatifs, le tout cette fois-ci couronné par une prise de son bien équilibrée. Pour information, le recueil publié par Jean-Ferry en 1713 comportait douze sonates. Ici, les trois interprètes ont choisi la sonate n°1 et les sonates n°3 à n°9. Pourquoi avoir omis la seconde ? Certainement pour des raisons commerciales, car le compact-disc dure plus de soixante-dix huit minutes, ce qui est la durée limite légale. Ce compact-disc demeure indispensable pour tout amateur de musique baroque (et même au-delà), qui, couplé avec celui des ballets du même compositeur enregistré pour le label Erato par Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre, permettra de combler quelques lacunes dans la connaîssance de l'histoire musicale française des dix-septième et dix-huitième siècles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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