HAUTE SÉCURITÉ SANS GARANTIE DU GOUVERNEMENT. Le film est époustouflant de surprises et de virages en épingles à cheveux qui vous tiennent en haleine tout du long de ce voyage en avion vers Miami. Il ne se passe pas une minute sans qu'une nouvelle pierre se dresse au chemin du parfait terroriste sous la forme d'une faible femme qu'il essaie de faire chanter en mettant la pression sur son père. Tout tient dans le fait que c'est la deuxième fois qu'elle est ainsi prise en otage et comme les taureaux des corridas, elle a survécu à la première tentative et est donc prête pour sortir victorieuse de la seconde. Et il faut dire que Wes Craven se montre fort créatif dans les détails et dans le timing, même si la lutte finale est un peu sans trop d'imprévu car on sait d'avance qui prendra la dernière balle, mais heureusement ce n'est pas la scène finale et celle-ci vaut son pesant d'or et surtout donne la clé du film. C'est un film sur la sécurité vue à la sauce de Bush, du Home Security Department injecté en séquence express dans le film, c'est-à-dire beaucoup d'esbroufe pour pas grand-chose car c'est oublier le principe premier que les criminels trouveront toujours la faille qu'il leur faut trouver pour faire ce qu'ils ont envie de faire et que c'est généralement un individu, voire une individue, qui bloquera la machine par un courage imprévu et imprévisible. Et tout y passe : les gardes du corps, le peignage plus que fin de la suite à l'hôtel, les gardes côte, la sécurité lourde et bien armée d'un aéroport international, l'entrainement des personnels de l'avion, tout ce que vous pouvez imaginer, et pourtant l'attaque aurait pu réussir car les criminels ont tout planifié avec ces handicaps qui ne sont plus que quelques embûches sur leur route. Et tout est dans la dernière réplique qui est d'une grossièreté en anglais qu'aucun traducteur n'a du oser la traduire mot à mot, mais c'est ce que Wes Craven pense de l'Amérique moyenne, de la paranoïa sécuritaire de gens qui ne savent même pas ce que c'est que, pour faire simple, trébucher sur une coque de noix ou glisser sur une peau de banane. Alors le vrai danger ... ! Je regrette cependant que le cinéma américain d'aujourd'hui en soit réduit à de telles métaphores sur la maladie mentale qu'un président a injecté à ses concitoyens en doses massives. La paranoïa ça se soigne, même pour un président ... !
Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines