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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
inégal...,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Refaire société (Broché)
L'ouvrage, publié sous le patronage de Pierre Rosanvallon, contient six contributions dont l'objet commun est de s'interroger sur la façon de redonner de la cohésion à une société minée par la pauvreté, les inégalités et les discriminations.Dans l'introduction, Rosanvallon nous rappelle que nous sommes en train de subir les effets d'une contre-révolution conservatrice, voire réactionnaire, qui nous ramène progressivement aux pires heures du XIXème siécle : celui du "capitalisme sauvage et de l'explosion des inégalités". Certes, la crise n'a rien arrangé, mais le fond demeure. N'est ce pas Mme Lagarde qui, se prenant pour Guizot, proclamait en 2007, depuis la tribune de l'Assemblée, à l'adresse de ses nouveaux protegés, rentiers, nantis et exilés fiscaux : "Enrichissez vous !"; elle aurait pu ajouter : "Et n'hesitez pas à le faire aux frais de l'Etat, grâce aux mesures que nous allons voter" (bouclier fiscal, exonération des plus values, des successions et de l'ISF) . De fait, Nicolas Sarkozy, tel un moderne Charles X, arc-bouté sur son milliard des émigrés, mérite plus que jamais son titre de "président des riches", de la rente et de l'héritage... Les six contributions que contient l'ouvrage sont d'intérêt et de qualité inégales. Robert Castel s'interroge de manière brillante sur "les ambiguités de la promotion de l'individu", rappellant qu'il y a loin de l'autonomie formelle à l'autonomie réelle des individus et que celle ci passe plus que jamais par la mise en place d'une citoyenneté sociale. "c'est la constitution d'une propriété sociale qui a permis l'émancipation d'une majorité d'individus qui, à défaut d'être propriétaires de biens privés, sont devenus propriétaires de droits leur permettant d'assurer leur indépendance sociale". Et c'est cette citoyenneté sociale que la droite sarkozyste se propose méthodiquement de détruire tout en proclamant le prima de l'autonomie individuelle ! Cecile Van de Velde aborde dans "la fabrique des solitudes" la question de l'isolement et de la solitude dans une société minée par la pauvreté et soumise au vieillissement de sa population. Juste mais peu convaincant... Magali Bessone traite du problème de "la lutte contre les discriminations raciales" en oubliant au passage qu'il n'existe pas de "races humaines", mais uniquement des "morphotypes", voire des ethnies...Cela peut paraitre anecdotique, mais cela ne l'est pas ! N'est ce pas M Zemour qui s'autorisait récemment à parler de "race blanche" et de "race noire", ce qui n'a aucun sens du point de vue de la biologie ! Parler de discriminations raciales c'est admettre l'existence de races et faire droit aux pires théories racialistes, justifiant les discriminations par l'existence de caractères innés, indélébiles, conduisant à une hierarchie des races. Les discriminations sont culturelles, sociales, économiques, religieuses, elles reposent sur des caractères acquis, donc perfectibles, et non innés. Seules les discriminations de genre peuvent faire débat sur ce terrain là et encore ("on ne nait pas femme on le devient"). Un mauvais point donc pour cet article. Christian Baudelot s'interroge, dans "l'héritage contre le mérite", sur cette étrange société française qui ne parle que de méritocratie, mais où tout, depuis le patrimoine jusqu'au niveau d'étude, est déterminé par l'héritage. Une situation que l'on ne rencontre pas de manière aussi marquée dans les autres pays européens et qui s'est encore détériorée depuis l'arrivée au pouvoir de Sarkozy. Il ne suffira pas de permettre à quelques élèves de banlieues d'intégrer Siences Po ou HEC pour qu'existe une véritable égalité des chances dans ce pays. Un très bon article. Blanche Ségrestin et Armand Hatchuel milite pour "un nouveau droit de l'entreprise" qui aboutirait à la reconnaissance de l'entreprise en tant que projet global : économique, social, environnemental. L'entreprise en effet ne se limite pas à la propriété des actionnaires, imposant leur corporate gouvernance à des dirigeants nommés et revocables ad nutum . Un véritable droit de l'entreprise permettrait la reconnaissance de l'entreprise comme construction sociale et de ses differents acteurs (actionnaires, dirigeants, salariés, clients, fournisseurs...), ce que ne permet pas aujourd'hui les approches parcellaires du droit des sociétés ou du droit du travail. L'article parle des experiences américaines visant à affranchir l'entreprise du diktat des marchés et de la création de valeur pour l'actionnaire et propose des pistes intéressantes pour l'avenir... Enfin, François Dubet envisage la possibilité de "faire société par le coté gauche", regrettant que la gauche ne defende pas avec suffisamment de conviction les valeurs qui sont les siennes et ne propose pas un projet crédible reposant sur la promotion de trois d'entre elles : l'égalité, l'individu, la démocratie. "Les vices de la droite ne peuvent pas à eux seuls servir de projet de société pour la gauche". On ne saurait mieux dire... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Refaire société: pas demain la veille!,
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Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Refaire société (Broché)
Société: nom commun, genre féminin. Pourquoi cette "préciosité" dans le titre? L'article est-il devenu obsolète?Quand j'ai reçu ce petit livre de 90 pages j'ai regretté qu'il fut si court. Quand j'ai commencé à le lire, non. La lame de fond de la crise commençant à lécher les pieds de nos élites, celles-ci font le constat que notre société va à veau l'eau et retourne à la case départ du XIXème siècle. J'aimerais quand même rappeler qu'une partie non négligeable de nos concitoyens n'a pas attendu la dernière crise financière et bancaire pour en baver des ronds de chapeaux. Les sujets abordés dans les différents chapitres sont tous intéressants mais traités de manière très inégale. Constatation générale: pourquoi adopter un mode d'expression incompréhensible à 90% des français, abscons, hyper-théorique et finalement ségrégationiste? C'est très bien de se soucier des classes défavorisées ou marginalisées, ce serait mieux de leur donner la possibilité de comprendre. Par contre il est rassurant de constater que les sujets les mieux traités (l'héritage contre le mérite, nouveau droit de l'entreprise et faire société par le côté gauche) sont ceux qui sont rédigés de la manière la plus claire (cela reste quand même assez ardu). Les auteurs de ce livre, sociologues majoritairement, ont l'air d'être des personnes de progrès mais je n'ai pas l'impression , du haut de leurs chaires d'université, qu'ils prennent toute la mesure de ce qui se passe dans la rue aujourd'hui. Si je suis en gros d'accord avec leurs constatations, peu de réelles solutions sont proposées. Pour eux l'entreprise se résume à la grande entreprise, avec dirigeants et actionnaires, alors que la France est majoritairement couverte de PME. Quand à installer une échelle des salaires plus juste allant de 1 à 4, combien sont prêts à la mettre en pratique ? Ce livre m'a cependant été fort utile car j'ignorais qu'aujourd'hui nous souffrions de plus en plus de solitude et que la vie des individus d'origine étrangère ou de couleur de peau différente n'était pas un long fleuve tranquille. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
très suggestif et courageux,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Refaire société (Broché)
Une bonne analyse de la crise de société que nous vivons depuis 20 ans et des ressorts cassés de la démocratie idéalisée; un effort revigorant pour réinventer au plus près de chacun une démocratie moins idéale mais plus juste et plus civique. Les solutions devront être plus explicitées par de nouvelles rencontres ou publications.
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