Crise de la trentaine oblige, voilà que l'Irlandais Neil Hannon abandonne la grandiloquence de ses jeunes années. La tête pensante de Divine Comedy, qui avait pour habitude de recouvrir ses compositions pop par des orchestrations symphoniques, opte cette fois-ci pour un virage résolument acoustique. Regeneration porte en ce sens parfaitement son nom, puisque l'on tient là un disque revigorant, voire optimiste. Le choix de cet angle musical est né du besoin -vital- de Neil Hannon de se redécouvrir, au risque de mettre en péril ce son qui a forgé en une décennie la réputation de son collectif. Pour y parvenir, la première stratégie de Divine Comedy a été de faire appel au producteur Nigel Godrich, le responsable du succès, entre autre, de Radiohead, Travis, Beck et Natalie Imbruglia. Toute instrumentation superflue étant écartée, Neil Hannon et les siens pouvaient repartir d'un nouveau pied. Les chansons de Regeneration ont ainsi été développées par l'ensemble du groupe, à partir de guitares on ne peut plus sèches. Au final, cette livraison illumine par son lyrisme poignant, son énergie positive, sa brutalité contrôlée : avec Regeneration, Divine Comedy a su démarrer le millénaire avec subtilité et magnificence.