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14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Les Berliner Philharmoniker, 1933-1945,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Reichsorchester / Le Philharmonique De Berlin & Le Troisième Reich (DVD)
Ce documentaire consacré à la Philharmonie de Berlin sous le 3e Reich (une commande de l'orchestre lui-même) utilise à la fois des images d'archives et des témoignages, dont ceux de deux vétérans de l'orchestre. Des différences sensibles existent entre ces deux témoins directs: le violoniste Hans Bastiaan demeure horrifié par les événements qu'il a vécu; le contrebassiste Erich Hartmann est plus froid et ce qu'il dit revient à `nous avons joué de la musique et c'est tout, nous n'avions pas choisi notre époque et l'orchestre n'avait rien de nazi puisque nous n'étions pas nous-mêmes des nazis'.Au tout début, des images captées à l'ancienne Philharmonie de Berlin, Goebbels faisant son discours annuel pour l'anniversaire de Hitler (1942), suivi de Furtwaengler dirigeant le même soir la 9e symphonie et son hymne à la joie devant un parterre d'officiels en uniforme, la scène flanquée de croix gammées. Plus loin, nettement plus rares, les images du concert de l'anniversaire de 44 (c'est au Staatsoper, puisque la Philharmonie est déjà détruite), avec l' « Héroïque » dirigée par Hans Knappertsbusch en guise de symphonie de la « victoire », c'est-à-dire, en pleine retraite sur tous les fronts, de déni de la réalité. Le film explique le lien entre l'orchestre et l'état national-socialiste (il était devenu `orchestre d'Etat'), et son usage à des fins de propagande. Il détaille aussi les cas individuels : musiciens juifs qui n'eurent pas d'autre solution que l'exil (quatre, dont Szymon Goldberg) ; membres du NSDAP (au moins seize), dont une minorité de quatre ou cinq (écartés en 45), étaient selon leurs collègues d'authentiques fanatiques. Le premier violon Erich Röhn est raconté par son fils. Deux questions reviennent dans l'esprit du spectateur. Celle de la motivation (pourquoi rester dans l'orchestre), celle de la responsabilité. Au début les musiciens restent sans doute à leur poste parce qu'ils sont sous une « cloche de verre » (Bastiaan dixit), à travailler avec celui qu'ils estiment être le plus grands chef du monde. Ensuite, il y a le danger lié au fait de dire non, l'exemption de la conscription en temps de guerre, ainsi que les avantages matériels annexes dont les membres de l'orchestre, et de ce fait leur famille, bénéficiaient dans un contexte de pénurie. Il y a enfin la question de la responsabilité. Où commence et où finit celle-ci ? Peut-on jouer lors d'une célébration de l'anniversaire d'Hitler sans célébrer soi-même Hitler ? L'une des forces du film d'Enrique Sanchez Lansch est de ne pas répondre à la place du spectateur. Le 26 mai 1945, le premier concert d'après-guerre de la Philharmonie dans ce qu'il restait de Berlin devait être dirigé par Leo Borchard Leo Borchard dirige Tchaïkovski, Glazounov, Weber (live 1945)et comporter l'ouverture du Songe d'une nuit d'été de Félix Mendelssohn. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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