Deuxième album de cet énergumène barbu halluciné répondant au doux nom de Devendra Banhart,
Rejoicing in the Hands est pourtant un disque de folk respectueux des traditions. Distillant des mélodies simplissimes et des paroles empreintes de naïveté, Banhart joue de cette musique dite folk, qui s’inspire des ancêtres tout en semblant s’adresser à eux.
C’est donc seul avec sa guitare qu’il nous chante
« This Beard Is For Siobhán» ou le magnifique
« Fall », quelques cordes et rythmiques agrémentant la post production. Il s’octroie cependant le luxe d’inviter la prêtresse du psyché folk des années soixante-dix, Vashti Bunyan, sur le ravissant chœur de
« Rejoicing in the Hands »...
Banhart instaure également ici son sens du jeu de mots et de la farce un peu idiote et poétique, avec des textes charmants comme « Cuisine moi pour ton petit déjeuner, et pose moi dans ton assiette, car tu sais que j’ai bon goût » (
« At the Hop »)… ou en reprenant un début de chanson raté (
« Todo Los Dolores »).
Rejoicing In The Hands impose donc d’ores et déjà l’identité très forte de Devendra Banhart. Son chant, qui évoque étrangement celui du chanteur de T.Rex, Marc Bolan, n’a pourtant pas atteint sa couleur idéale. Mais l’album est parfaitement abouti, jouant de ce côté mal assuré, fragile, presqu’inachevé.
L’album qui le suit de quelques mois,
Nino Rojo, peut en effet être considéré comme le deuxième volume de ce diptyque space-folk. Se révélant un peu plus mélancolique, il résonne tout autant des notions d’amour et de partage, avec de nombreuses adresses à ses interlocuteurs préférés : les animaux, âmes vives de la nature.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story