Ce livre posthume nous livre les observations de son auteur sur les croyances et pratiques magico-religieuses des populations amérindiennes qui ne se sont pas syncrétisées avec les animismes africains apportés avec les esclaves mais qui par ailleurs peuvent avoir intégré de façon plus ou moins importante des aspects du catholicisme ou protestantisme, ou encore conservé les traces de culte amérindiens tel que celui des Incas. De ce fait, comme le fait constater Alfred Métraux, il est très probable que les animismes observés aient déjà subis une certaine forme de désintégration de leur forme originale pour absorber justement les nouveaux apports, ce qui est en fin de compte dans l'ordre des choses.
C'est un témoignage en sorte d'arrêt sur image avant fermeture, un mise sur pause pour mieux retenir une culture en voie de disparition. Mais c'est aussi et comme souvent en la matière un excellent sujet de réflexion sur la relativité de notre normalité, autrement dit notre culture. Nous remarquons en effet que pour certains groupes ethniques, le chaman doit être toujours un homosexuel par ailleurs respecté par le groupe dans un domaine ou ailleurs cette proximité est mal venue. Tout autant là où dans de nombreuses cultures le travail du guérisseur doit être bénévole et non rémunéré faute de perdre d'ailleurs son don, ici nous trouvons des chamans qui doivent absolument faire payer, et cher, leur prestation faute de se mettre directement en péril.
Au passage, l'auteur nous livre une courte étude sur la tendance excessive de certains indiens de recourir au suicide, nous offrant à l'occasion un bon sujet de réflexion sur les conséquences provoquées par la perte d'identité dans un groupe humain. Un thème qui semble avoir particulièrement intéressé l'auteur et qui prend une signification particulière dans son propre destin. Au total un livre intéressant mais qui en raison de la redondance des sujets, devient parfois lassant à lire.