Extrait
Extrait de l'introduction
Peu de désirs humains sont aussi forts - et en même temps aussi irréalisables - que notre envie de voyager dans le temps. J'ai fantasmé toute ma vie sur le voyage temporel, tout d'abord avec une certaine dose d'espoir entretenue par les livres et les films qui le présentaient comme une possibilité lointaine, difficile à réaliser, mais une possibilité tout de même ; plus tard avec une résignation nostalgique qui m'a poussé à la deuxième meilleure chose : l'étude de l'évolution de la vie sur Terre (plus exactement un petit fragment à six pattes de la vie).
Je pense que cela a commencé avec une pierre que j'ai trouvée devant ma maison en Pologne, où j'ai grandi. Un jour, alors que je traversai la rue en revenant de l'école, j'ai remarqué un beau coquillage parfaitement préservé, évoquant une coquille saint-jacques, incrustée dans une grande pierre à demi enterrée. Je n'avais qu'à la prendre, et une nuit je l'ai déterrée discrètement, une pierre énorme que je pouvais à peine soulever, et je l'ai traînée jusque chez moi. La première à remarquer ma nouvelle acquisition a été ma grand-mère. Quand je lui ai demandé ce qu'elle pensait du mystérieux coquillage, elle n'a hésité qu'une seconde avant de me répondre que c'était un vestige du Déluge, quand les animaux qui n'ont pas pu rejoindre l'Arche de Noé sont morts noyés. En bon petit catholique, j'ai accepté son explication, mais en même temps cela m'a paru paradoxal qu'un mollusque aquatique se noie dans une inondation. Je suis allé voir mon père pour clarifier la chose. En homme de science, il a sorti un livre et nous avons déterminé ensemble que la coquille appartenait vraisemblablement à un brachiopode éteint, un animal marin superficiellement semblable à un mollusque, et qu'elle devait être vieille de centaines de millions d'années. Un dessin d'une coquille remarquablement semblable à la mienne était décrit comme provenant d'une période appelée Crétacé. Il y avait d'autres dessins : des libellules géantes apparemment grandes comme des oiseaux, une sorte d'immense salamandre avec la tête large et plate et des pattes courtes et trapues. J'ai trouvé cela fascinant, mais je n'arrivais pas à admettre que ces créatures merveilleuses avaient disparu et qu'on ne les reverrait jamais vivantes.
Peu après, j'ai commencé à lire des livres sur la paléontologie. La plupart étaient pleins d'informations qui passaient loin au-dessus de ma tête de huit ou neuf ans, mais les descriptions et les images de trilobites, d'ammonites, sans parler des dinosaures et des surréelles forêts de calamités, me gonflaient du désir irréalisable de remonter le temps. Puis je suis tombé sur une chose très intrigante. C'était la description d'un coelacanthe vivant capturé au large de l'Afrique du Sud - un «fossile» vivant. Si ce contemporain des dinosaures avait survécu, peut-être n'était-il pas le seul. Peut-être existait-il d'autres lieux reculés - des poches de ce monde ancien - habités par des plantes et des animaux hâtivement déclarés éteints, mais toujours parmi nous.
Depuis, je suis fasciné par l'idée que certains organismes aient pu survivre plus longtemps que d'autres, et que leur apparence - et peut-être leurs comportements - préserve des bribes anciennes de ce récit long et tortueux qu'est la vie sur Terre. Leur existence peut nous donner une idée, des écosystèmes du passé et des interactions entre leurs habitants. Faute de machine à remonter le temps (mais je croise toujours les doigts), ils sont peut-être notre meilleure chance d'appréhender les mondes fossiles disparus depuis longtemps. Beaucoup d'organismes ont reçu l'appellation excitante de «fossiles vivants». Charles Darwin lui-même a été le premier à soutenir l'existence d'animaux et de plantes qui seraient restés inchangés pendant de longues périodes géologiques, conservant leur corps et faisant office d'archives du passé de la Terre.
Biographie de l'auteur
Depuis quelques années, de bien étranges produits réapparaissent sur les étals des primeurs : courges aux formes biscornues, fruits délaissées et légumes honnis par les anciennes générations.
Mais qui sont-ils ? Sont-ils là pour décorer les tables ? Pas du tout ! ils se mangent ! Cet ouvrage vous propose de (re)découvrir ces merveilles, bien souvent cultivées par des maraîchers soucieux de leurs produits et de faire revivre la bonne tradition gourmande.
Au rythme des saisons, vous apprivoiserez ces nouveaux arrivants qui ont plus que leur place dans la cuisine daujourdhui. Crus, cuits, accommodés de façon traditionnelle ou sublimés par les épices, il y a de nombreuses façons de les mettre en valeur et de profiter de leur goût si original et de leurs bienfaits !