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5.0 étoiles sur 5
têtes dansantes, 14 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Remain in light (CD)
Quand l'album précédent (l'incroyable "Fear of Music" et sa pochette noire en relief imitant le sol métallique de quelque bâtiment industriel) n'avait fait qu'effleurer la carte de territoires africains, "Remain in Light" s'engage franchement dans le chaos inquiétant de la brousse du continent noir, vue à travers les lunettes déformantes à infra-rouges des quatre New-Yorkais intellos, qui défricheront alors, avec la contribution du visionnaire Brian Eno, de nouvelles voies explorées quasiment au même moment par ce dernier mais aussi Peter Gabriel ou encore David Bowie ("PG 3", "Lodger"), un patchwork étrangement monochrome, tissé par de superbes musiciens soufflant le chaud et le froid au gré de morceaux rythmés et comme en transe et d'autres plus lents ou carrément énigmatiques.
Une drôle de mixture en vérité, une musique nouvelle qui n'a pas peur du choc des civilisations et qui continue encore aujourd'hui à inspirer de nombreuses formations qu'il serait trop long (c'est bien pratique ça) d'énumérer !
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16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Tout simplement indispensable, 23 octobre 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Remain in light (CD)
Cet album enregistré en 1980 n'a pas vieilli; il ne fait au contraire que rajeunir avec les années. Il s'agit d'un mélange entre de la new wave aux sonorités arty typiquement new-yorkaises et des influences de la musique africaine apportées par Eno. On sort cependant ici de tous les clichés que l'on peut avoir sur la world music. L'apport des musiques du monde n'a pas ici pour usage d'évoquer le voyage, la savane ou le lait de chèvre, mais tout simplement d'explorer des sonorités exotiques pour les revisiter et les intégrer à un ensemble expérimental. Pour être clair, la musique africaine est aux Talking Heads ce que l'art africain est chez Picasso: un point de repère, un tremplin propice à l'expérimentation et à l'innovation. Talking Heads et Eno inventent ici la musique du futur: élégante, ambitieuse et métissée. Enfin pou ceux qui pourraient penser que cette musique est difficile d'accès ou prétentieuse, je n'ai qu'une chose à dire: ça ferait danser un mort!
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Fantastique, un des meilleurs des Heads, 5 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Remain in light (CD)
Quatrième album des Talking Heads et dernier à être produit par Brian Eno (qui a produit aussi les deux précédents, More Songs About Buildings And Food, que j'aborderai prochainement ici, et Fear Of Music, déjà abordé), Remain In Light date de 1980. A noter, l'extrême stupidité de l'agencement des faces du vinyle : l'album dure un peu moins de 40 minutes, et on aurait facilement pu mettre Once In A Lifetime en fin de face A (ce qui aurait fait 4 titres par face). Mais non, la face A ne contient que 3 titres, et est donc nettement plus courte. Pareille stupidité est aussi arrivée au Nebraska de Springsteen, pour ne citer que lui...Bon, sinon, le groupe est toujours constitué des mêmes musikos, à savoir David Byrne (chant, guitare, et quelques claviers et basse), Tina Weymouth (basse, claviers, choeurs), Jerry Harrison (guitare, claviers, choeurs) et Chris Frantz (batterie, percussions, choeurs, claviers). Brian Eno, tout en produisant, tient aussi des claviers, basse et percussions. Adrian Belew, autre invité, tient la guitare (il rejoindra Discipline, groupe de Robert Fripp, Bill Bruford et Tony Levin, qui sera renommé King Crimson, en 1980-81), Robert Palmer, encore un guest, fait des percussions, Jon Hassell tient les cuivres sur Houses In Motion.
Remain In Light, avec sa fameuse pochette montrant les Heads aux visages pixellisés et colorés de rouge (pochette moche, mais culte), est souvent considéré comme le sommet du groupe. Bon. Je dois dire que cet album est franchement immense, fondamental, une réussite absolue mélangeant sonorités new-waves et synthétiques à des rythmes world, africains notamment (Born Under Punches (The Heat Goes On) en est un bon exemple). Cependant, Remain In Light, avec son enculade de classiques (le titre que je viens de citer, Once In A Lifetime, Houses In Motion, Crosseyed And Painless, The Great Curve - soit 5 titres sur les 8 de l'album !), n'est pas, selon moi, le sommet du groupe. Fear Of Music, l'album précédent, plus sombre et expérimental, et déjà fortement influencé world (I Zimbra), est supérieur. Mais ça ne veut pas dire que Remain In Light ne vaut rien, oh que non, c'est le second meilleur album du groupe (et le troisième est 77 - leur premier album - selon moi).
Rempli de hits, magnifiquement accueilli à sa sortie, album fantastique et déroutant qui marquera plus ou moins la fin du groupe (une dizaine d'année plus tard, ceci dit) à cause des brouilles entre Eno et Byrne d'un côté, et Weymouth et Frantz de l'autre (Harrison, bonne pâte, en médiateur d'accord avec tout le monde), Remain In Light est un des disques cruciaux des années 80. Album charnière qui mélange world music, post-punk, rock et new-wave, c'est une réussite majeure, mais selon moi, Fear Of Music reste supérieur, car plus sombre.
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