"Il nous fera tous oublier !" aurait dit J.A.Hasse en entendant W.A. Mozart...
C'est un peu (beaucoup parfois) ce qui est arrivé aux oeuvres de ce compositeur qui à dominé l'activité musicale en son époque.
Puis, depuis une dizaine d'années, le miracle s'accomplit:
Il renaît dans les mémoires grâces à la "percée" d'oeuvres incontournables :
Sa cantate pour "Armonica de verre" y fut pour beaucoup.
(On s'étonne d'ailleurs qu'un film ne soit pas en préparation, tant le scénario est palpitant de l'intrument "magique et maudit", au compositeur "adulé et oublié" et à l'oeuvre, étrange production destinée à célébrer les noces d'un Prince:
L'adéquation Choeur,orchestre,soprano, et Armonica de verre, nous transporte dans un ailleurs.
Dans le cd présenté ici - "Requiem" et "Misere" - c'est le divin aussi.
Mais traités dans la subtilité et une forme de force intérieure, qui éloignent des désespoirs pesants.
Car le secret de J.A.Hasse est surement de ne jamais plonger jusqu'à l'insoutenable lourdeur de la passion destructrice.
Sa messe des morts - Requiem - doit être digne, belle, grande, élevée, sublime de tenue du début à la fin.
Le compositeur y réussit sans ennuyer; transcrivant les émotions du texte dans la plus grande des élégance d'écriture.
Suit son "Misere": cette grande pièce place l'auditeur dans des zones où les turbulences de la mort ne sont pas celle d'une agonie romantique.
Et ainsi, J.A.Hasse parvient à évoquer la plus sincère des tristesses, sans y ajouter la pesanteur du désespoir.
C'est à juste titre que ce compositeur reprend sa place auprés des grands; au concert, au cd, et un jour à la scène d'opéra, où il reste rare en France.