Les Fiches du cinéma
Mr White, Mr Orange, Mr Pink, Mr Blonde et Mr Blue, réunis dans un café, discutent avant d'aller commettre un hold-up dans une bijouterie. Sous ces pseudonymes colorés, se dissimule un gang de criminels engagés par le gangster Joe Cabot, qui se fait aider par son fils, Nice Guy Eddie. L'affaire tourne mal. En racontant platement l'histoire de
Reservoir Dogs on ne rend absolument pas justice au film de Quentin Tarantino. On trahit même cet excellent polar, car son principal intérêt ne vient pas de son intrigue de base, mais de la façon diabolique dont elle est narrée. Entièrement construit en flash-backs qui permettent de reconstituer l'action au gré de péripéties multiples et surprenantes, ce film est un bijou cinématographique. Rien n'est laissé au hasard dans ce film maîtrisé de bout en bout : mise en scène, écriture et interprétation sont à l'unisson pour jouer avec les nerfs du spectateur, en s'adressant à son cerveau comme à ses tripes. Pour un coup d'essai, Quentin Tarantino a réussi un coup de maître.
--Louis Roux
Amazon.fr
Écrit à la suite de
Tueurs-nés et de
True Romance, qui seront pourtant tournés après,
Reservoir Dogs est le premier film réalisé par Quentin Tarantino. Ancien employé de vidéoclub, gavé d'influences cinématographiques, il rend ici hommage au film de braquages en mettant en scène ce quasi-huis clos sanguinolent. Des malfrats – qui ne se connaissent pas – sont réunis pour organiser un casse. Celui-ci tourne mal, et l'explication va être terrible… Produit grâce au soutien providentiel de Harvey Keitel,
Reservoir Dogs est rapidement devenu culte. Du rythme, un montage audacieux, une narration non linéaire et beaucoup de dialogues : le style Tarantino est déjà en place. Il ne lui faudra que deux ans et la Palme d'or de
Pulp Fiction pour être mondialement reconnu. L'image de ce DVD enterre la version zone 1 : ce master est anamorphique et l'encodage est réalisé sur un DVD 9 (simple face, double couche). Le son – en simple stéréo – est dynamique en version anglaise et française, et distille agréablement des standards des années 70. L'éditeur a ajouté à la bande-annonce une interview de Tarantino, réalisée pour présenter le film à l'occasion de l'édition VHS anglaise. En neuf minutes, il explique avec humour la difficile genèse du film, le rôle déterminant de Keitel, le choix de la musique, et sa position esthétique face à la violence.
--Mister. T