ParMélomaniac1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 10 COMMENTATEURS
Format:CD
« There is really no point in making comparisons here » résumait un magazine musical anglais au sujet de ces interprétations respighiennes gravées par Lorin Maazel en mai 1976. Si, tout de même... Fût-ce pour dire que son remake de la « trilogie romaine » avec le Pittsburgh Symphony (Sony) me semble moins maîtrisé, et que la précédente mouture des "Pini di Roma" qu'il avait enregistrée en décembre 1958 pour DG avec les Berliner Philharmoniker s'avérait plus intéressante que celle-ci. Magnifié par l'acoustique du Masonic Auditorium, excellemment capté par les micros de Kenneth Wilkinson, l'orchestre de l'Ohio manifeste ici une impeccable virtuosité, plus lisse et brillante que la matière mate et robuste de la prestigieuse phalange allemande, néanmoins plus savoureuse à mon goût. Les sonorités moelleuses des instrumentistes de Cleveland offrent en tout cas un délectable confort d'écoute.
A vrai dire, l'on pourrait seulement souhaiter que cette rutilante prestation des "Feste romane" cède parfois à la prise de risque d'un Toscanini (sa vertigineuse « befana » avec les Philadelphians en 1941 !) et se montre davantage sensible à la poésie très latine de pages comme le « giubileo ». Neville Marriner (Philips) et surtout Antonio Pedrotti (Supraphon) n'y distillaient-ils pas des atmosphères plus finement colorées ?
Quoi qu'il en soit, la sauvagerie des « circenses » et le déferlement triomphal de la « via appia » séduiront les hifistes, tout comme les amateurs de la baguette perfectionniste de Maazel.
Parée du même luxe, cette subtile et chatoyante Suite du "Coq d'or" gravée en octobre 1979 ne saurait pourtant faire oublier la lecture plus adéquatement caustique de Roger Désormière (EMI) ni surtout la verve sarcastique de Antal Dorati avec le London Symphony (Mercury), inimitable dynamiteur de la « fin pitoyable du Roi Dodon ».
L'on peut attribuer cinq ou quatre étoiles à ce CD selon que l'on privilégie la qualité technique ou l'originalité interprétative. Ma généreuse appréciation gratifie la démonstration de virtuosité.