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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
bouleversant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour à Reims (Broché)
Un livre écrit par un intellectuel, avec quelques références savantes que je n'ai pas toujours bien suivies. Surtout un livre plein d'émotions, de sincérité et de lucidité d'un auteur qui s'est arraché seul d'un milieu ouvrier qu'il a longtemps renié (trahi selon ses mots) et qu'il regarde maintenant en face après la mort de son père. Une auto-analyse doublée d'une analyse sociale vraiment touchante.
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18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Pour tous les enfants d'ouvriers,
L'évaluation d'un enfant
Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour à Reims (Broché)
J'ai fait connaissance avec Didier Eribon dans l'excellente émission "les Mots de minuit". J'ai tout de suite adoré, le mot n'est pas trop fort, sa tolérance, sa qualité d'écoute, son intelligence et son humilité. Ah, si tous les philosophes étaient comme lui, cette discipline n'aurait surement pas été la grande déception de ma scolarité.Mon parcours a été semblable au sien : fille d'ouvrier dont au moins l'un des parents s'est "saigné" pour que sa progéniture ait accès à une vie meilleure. J'ai pleuré quand il évoque la cabane à lapins au fond du jardin pour améliorer l'ordinaire des menus du dimanche. Le sentiment de honte est très prégnant chez Didier Eribon. Contrairement à lui, je me suis drapée dans la fierté de mes origines, immigrée et pauvre. Malheureusement, c'est lui qui bien involontairement je pense, a eu raison. Il a réussi son intégration dans un milieu intellectuel, peut-être grâce au réseau homosexuel. J'espère qu'une foule d'intellectuels issus de milieux très populaires entendront sa voix. Il faut absolument lire Didier Eribon, pour retrouver un peu d'espoir. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
"la violence du monde social" (dernière page),
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour à Reims (Broché)
Comme plusieurs autres lecteurs, je me sens personnellement concerné et presque impliqué dans le récit de Didier Eribon: mêmes origines, parcours similaire, contradiction vécue au plus intime entre un fort sentiment d'appartenance de classe et volonté d'échapper à un destin déjà tracé. Avec aussi des différences importantes et des divergences politiques: la classe ouvrière que j'ai connue, en région parisienne, était plus diversifiée, plus politisée, et le racisme y était marginal. L'ouverture aux questions sociétales y était réelle, quoique limitée. Pourtant, je ne vois pas dans ce livre une quelconque caricature, mais le compte-rendu, sobre et précis, sur la base d'un exemple typique, des cadres sociaux dans lesquels une classe sociale se perçoit et perçoit le monde quand il n'est pas question pour elle de "rôle dirigeant" ou de valeur, mais simplement de se reconnaître et de se perpétuer en maintenant ferme la conscience d'une division majeure entre "nous" et "eux". L'auteur montre avec pertinence en quoi la conscience de ce clivage n'est pas en soi porteur de valeurs progressistes et peut au contraire exposer à toutes les dérives populistes. Il nous laisse à penser l'articulation entre sa "conscience de classe" et l'éveil de sa "conscience homosexuelle". Les pages sur "l'injure" appellent réflexion, tout comme celles sur l'avenir de la gauche et sur l'importance fondamentale du langage dans la constitution du champ perceptif, même s'il y manque, me semble-t-il, une analyse du désir.Ce livre, qui se conclut sur la constat de l'impossibilité d'un "retour" après tant de ruptures, mais sur la possibilité apaisante d'une "mesure d'exil", montre fort bien comment le centre de gravité d'une vie se déplace, doit se déplacer, de façon significative, ce déplacement étant au fond en ce domaine la condition de possibilité de toute signification. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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