Après avoir terminé le livre, je me pose la question : « Était-ce vraiment utile de faire une suite à ce si beau roman, entier, achevé et poétique qu'est, En l'absence des hommes... »
Je n'aime pas faire une critique négative sur un roman, et pourtant, est-ce faire du bien à l'auteur que de ne lui faire que des éloges par prétexte qu'il a un nom, et ne jamais oser lui dire lorsqu'il nous a déçus, non, bien sûr ! Ce ne peut que lui permettre de ne pas renouveler son erreur.
Je marque donc, une très grande déception, pour ce livre, certes, bien écrit comme Philippe Besson nous a habitués jusqu'ici, mais manquant terriblement de profondeur ! C'est un livre pauvre, dépouillé de son fond, timide, dissocié de sa forme et n'allant pas jusqu'au bout des choses essentielles.
En fin de compte, si je l'ai acheté, c'est uniquement par curiosité, pas parce que c'est du Besson, mais pour savoir ce que l'auteur avait bien pu imaginer comme devenir à Vincent de L'Étoile !
Tourments, déambulation sans but et voyages inutiles... une fuite en avant du passé ! Ce n'était pas nécessaire de tuer ce personnage aussi beau qu'est Vincent de L'Étoile, ma part de rêve est maintenant cassée !
Je trouve vraiment dommage de lui avoir inventé cette future vie de nanti et oisif, fade, sans perspective d'avenir, morose et entourée par la mort. Et encore, je passe le chapitre sur Raymond Radiguet, petit protégé de Cocteau et auteur du Diable au corps, qui n'est là que pour alimenter le vide de Vincent, puisque cet écrivain est réellement décédé à l'âge de vingt-ans. La moindre de ses joies est aussitôt détruite par la mort.
Je regrette ma curiosité, et reste sur la fin magnifique de « En absence des hommes ».
Je ne conseillerais pas aux amoureux de l'amour pur, rempli de joie et de poésie de lire ce livre un peu trop mortifère à mon gout.