Ce bouquin est un "must have" !
Comme je déteste ces formules anglicanes… alors que le français fait aussi bien, voire mieux : Ce bouquin est un "doit avoir" ! Alors ?
Bon quand j'ai vu que c'était Ian MacDonald qui en était l'auteur, je pensais bien sur comme vous tous au multi-instrumentiste cofondateur de King Crimson, je me suis dit : super ! j'achète à donf !
Quand j'ai reçu le bouquin je me suis rendu compte que… hé bé c'était pas lui ! Bon en fait on ne perd vraiment pas au change dans le sens où ce Ian MacDonald là est un cador ! Journaliste musical renommé, il a, tout comme le bouquin dont il est question, une page wikipédia plutôt dodue et à la vue de son cv on peut dire que c'était loin d'être un branquignol !
Bon quoi qu'il en soit ce bouquin est remarquable. l'œuvre des Beatles y est disséquée avec justesse, musicalement, littérairement et dans son contexte, c'est-à-dire les sixties. Période fascinante que l'auteur s'emploie à nous dévoiler sous différents angles afin de mettre en perspective l'œuvre des Fab Four durant leur règne ainsi que les répercutions de tous ordres (trop long à détailler) qui en découlent. C'est dense et sérieux et cela donne droit à un bon tiers du livre.
Pour ce qui est du cœur du bouquin, c'est-à-dire les morceaux analysés un par un, c'est du pur bonheur ! Que de découvertes ! Saviez vous par exemple que Paul McCartney a écrit Michèle pour… Suzanne Gabriello ? Incroyable non ?
Non, on apprend plein d'autres choses mais ce que je trouve vraiment remarquable c'est que l'auteur induit sans ambages le rôle de la drogue dans le processus créatif et l'inclut à même les analyses des morceaux. Il explique dans quelle mesure celle-ci intervient pour les mener vers les sommets de créativité, 1966-67, et dans quelles proportions elle changera leur écriture pour la suite.
Bien sur les appréciations sont souvent d'ordre musicologiques, à travers l'étude de l'harmonie et de l'inventivité déployée pour chaque chanson en fonction du paysage musical du moment. Ce qui amène parfois l'auteur à des conclusions plutôt destabilisantes quand il estime que (oh non, fermez les yeux, âmes sensibles) "Revolution n°9" est beaucoup plus estimable que "Rocky Rocoon" par exemple ! Ah la vache, c'est dur… mais il vous expliquera pourquoi, le bougre a des arguments. Ce monsieur n'est pas un petit "popeu" et son regard nous mène bien plus loin que l'hémisphère rock.
Pour ceux qui craignent un dédale de termes abscons, rassurez vous, il n'en est rien. Malgré certains détails techniques, ses analyses musicales m'ont parues claires et compréhensibles et sachez pour votre gouverne que je n'ai jamais foutu les pieds au conservatoire (à part pour aller chercher mon beau frère qui suivait des cours mais c'était il y a longtemps… en 1991 je crois...mais vous vous en tapez royalement)
L'autre attrait de cet ouvrage réside aussi dans le fait que l'ordre des morceaux suit scrupuleusement la chronologie des enregistrements en studio et non des parutions. On apprend éberlué que "Junk" a été créé mais aussi refusé pour l'album blanc ! Mékeskizonfoutu ? Et ce putain de "Revolution n°9" qui squatte 10 bonnes minutes, malgré tout ce que peut en penser l'auteur…
Celui ci nous renvoie abondamment à l'écoute d'autres prises issues des cd "Anthology" s'il s'avère qu'elles comportent quelques intérêts notoires. Il y a même des titres chroniqués qui ne figurent pas dans la discographie officielle, c'est dire si c'est complet.
Bon voilà, sachez pour les inconditionnels du groupe que ce livre qui fat déjà l'unanimité depuis 1994 au sein de la nouvelle Albion, vous fera office de bréviaire !
ps : pour ceux qui sont nuls en histoire de France (et de Belgique) fr.wikipedia.org/wiki/Suzanne_Gabriello