Silvestre Revueltas est né en 1899 à Santiago Papasquiaro (Mexique). Il apprit le violon, et entra en 1913 dans le cours de composition de Rafael Tello (1872-1946) au Conservatoire National de Mexico. Entre 1917 et 1920, il poursuivit ses études de violon et de composition au Chicago Musical College de l'Université de Chicago (USA). Il y rencontra le compositeur Carlos Chávez (1899-1978) en 1925. Alors que Revueltas vivait comme musicien de théâtre et de cinéma, Chávez l'engagea en 1928 comme professeur de violon au Conservatoire National de musique et dans l'orchestre symphonique de Mexico, en tant que sous-directeur. A partir de 1929, il se consacra de plus en plus à son activité de compositeur, tout en jouant comme soliste et en dirigeant occasionnellement l'orchestre symphonique de Mexico. En 1933, il fut nommé directeur du Conservatoire, mais ne resta que deux mois, et ne garda que la direction de l'orchestre du conservatoire. Membre de la « Ligue des écrivains et artistes révolutionnaires », il partit en 1937 dans l'Espagne en guerre, dans le cadre du deuxième « Congrès international des écrivains pour la défense de la culture ». Accompagnant Octavio Paz et Elena Garro, il y rencontra notamment Pablo Neruda, Rafael Alberti et Nicolás Guillén ; Il donna plusieurs concerts en Espagne et voyagea également en France. Il désirait se rendre en URSS mais, par manque d'argent, dut rentrer au Mexique. Son œuvre se caractérise par un sens exceptionnel du rythme, inspiré du folklore mexicain. Très au fait de la musique de son temps, il était admiré par des compositeurs tels qu'Edgard Varèse (1883-1965) et Aaron Copland (1900-1990). En 1939, il fut interné en hôpital psychiatrique pour des problèmes d'alcoolisme. Il composa plus que jamais, mais il mourut en 1940 des suites d'une bronchopneumonie. Ses restes reposent dans la Rotonde des Hommes illustres, au Panthéon civil des douleurs à Mexico.
Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter « A manera de preludio » et « Tres piezas » pour violon et piano, « Cuatro pequeñas piezas » pour Trio à cordes, quatre Quatuors à cordes, l'Octuor « Ocho por radio » pour deux violons, violoncelle, contrebasse, clarinette, basson, trompette et tambour indien, « Toccata (sin Fuga) » pour violon, six instruments à vent et trois percussionnistes, « Homenaje a Federico García Lorca » et « Planos » pour orchestre de chambre, « Cuauhnáhuac », « Ventanas », « Alcancías », « Janitzio », « Caminos », « Danza Geométrica », « Sensemayá » et « Itinerarios » pour orchestre, de la musique vocale, dont « Caminando », « Canto a una muchacha negra », et « Cinco Canciones para Niños y Dos Canciones Profanas » pour voix et orchestre de chambre, ainsi que des musiques de film, dont « Redes » de Fred Zinnemann et Emilio Gómez Muriel, ou bien encore « La Noche de los Mayas » de Chano Urueta.