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4.0 étoiles sur 5
Poussin Code, 14 octobre 2011
La série limitée Rex Mundi ("Roi Du Monde") débute en 2003 chez Image Comics (elle sera ensuite transférée chez Dark Horse). Elle est initialement créée par le duo d'auteurs Arvid nelson (scénario) et Ericj (dessin et encrage). Ce 1° tome, fidèle à l'édition US, regroupe les six premiers épisodes, ainsi qu'une galerie d'illustrations, les couvertures originales (vierges), des introductions d'auteurs et le récit "Frère Matthieu : Heureux les humbles". Cette histoire, dont les planches se lisent horizontalement, est en fait le N°0 de la série, initialement paru en 2001. Il s'agit d'un "web comic" (qui paraissait donc, planche après planche, sur le site internet créé par les auteurs) conçu pour promouvoir Rex Mundi avant sa sortie. Bien que l'intrigue se déroule dans le monde de Rex Mundi, ce "one shot" n'entretient pas de liens particuliers avec la série mère. Le pitch de la série est très excitant : Nous sommes en 1933 et le monde est différent de celui que nous connaissons. Car les auteurs de Rex Mundi ont imaginé une uchronie dans laquelle l'histoire a pris une direction différente de la notre : La Révolution Française a échoué, l'Europe est demeurée féodale, l'église et l'état ne sont pas séparés et les hommes ont développé la pratique de la magie. Partout dans le globe, les pays composent une carte du monde très différente que celle que nous connaissons. Afin de rendre la lecture de cet univers plus dense, Arvid Nelson se souvient de Watchmen et entrecoupe les épisodes de faux journaux dont les articles, en apparence anecdotiques, enrichissent peu à peu cet univers en lui donnant corps. Le lecteur fait ainsi peu à peu connaissance avec le monde tel qu'il est dans l'uchronie de Rex Mundi, avec les tensions sous-jacentes entre les divers états, les hauts personnages appelés tôt ou tard à jouer un rôle dans le récit, les rouages de la politique en vigueur, le pourquoi et le comment de certains rituels, etc. La série entretient des similitudes absolument ahurissantes avec les romans de Dan Brown : Rex Mundi débute l'année même de la sortie du Da Vinci Code (2003). Certes, l'épisode 0 de la série d'Arvid Nelson est sorti en 2001, mais le premier roman de la trilogie "Robert Langdon" parait en 2000. Le personnage principal de Rex Mundi se nomme Julien Saunière. Dans le Da Vinci Code, le conservateur du musée du Louvre a pour nom... Jacques Saunière ! Dans le roman de Dan Brown, une série de meurtres donne lieu à une course poursuite autour du secret des templiers et l'enquête se déroule à travers le prisme d'une peinture célèbre nimbée de mystère : "La Cène" de Léonard de Vinci. Dans le comicbook, une série de meurtres oblige le héros à mener une dangereuse enquête autour du secret des templiers (!) et au milieu de cet imbroglio, une célèbre peinture nimbée de mystère : "Les Bergers D'Arcadie" de Nicolas Poussin ! La narration choisie par les auteurs de Rex Mundi appelle de l'éveil chez le lecteur. La densité du contexte géopolitique le prévenant immédiatement que l'intrigue ne se résoudra pas de si tôt. Ainsi, à la fin de ce premier tome, il ne s'est pas encore passé grand chose. Je suis sorti relativement convaincu de cette lecture. Si le pitch m'a immédiatement fait penser à un grand nombre de bandes dessinées franco-belges ( Le décalogue, Le Troisième Testament et autres délires steampunk), le style du comicbook m'a renvoyé à certaines séries Image des années 90 ( Midnight Nation par exemple), un peu maladroites. La faute aux dessins de Ericj, plus qu'inégaux. Si son encrage est de toute beauté (pourquoi n'en a t-il pas fait sa spécialité ?), si ses décors sont acceptables, ses personnages sont franchement médiocres (ou carrément risibles lorsqu'ils sont vus en entier, ce qui atténue malheureusement la densité du récit) et le découpage de ses planches n'est pas toujours très fluide. On espère qu'il progressera au fur et à mesure des tomes suivants, avant son départ de la série au bénéfice de Juan Ferreyra...
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5.0 étoiles sur 5
TRES ORIGINAL, 27 janvier 2011
Epais et dense, ce tome 1 m'a nécessité une soirée entière de lecture, ce qui est suffisamment rare pour être noté. Si l'on peut en effet établir un parallèle avec Da Vinci Code, mais aussi pas mal d'oeuvres littéraires et cinématographiques dans la veine du thriller ésotérique, la comparaison selon moi s'arrête là, car cette oeuvre dépasse le best-seller de Dan Brown par de nombreux points. Tout d'abord, et c'est l'une des grandes forces de l'opus, le contexte : en 1933, l'on est surpris de voir l'inquisition régenter tout. L'on apprend au fil des pages que nous sommes dans une Europe féodale, puisque la révolution française a été écrasée par les royalistes, et que malgré la perte de nombreux nobles, le roi est resté au pouvoir... et en 1933 c'est Louis XXII qui règne ! La découpe géographique ressemble à celle de l'avant 1ère guerre mondiale, avec la Prusse, qui existait bel et bien, mais aussi des confédérations utopiques, tels que les royaumes unifiés italiens, la RCA (royaume confédérés d'Amérique), etc. Les guildes sont aux manettes de l'économie avec les princes marchands et le pays est régi par la table des robes et celle des épées, avec comme bras armé l'inquisition. En plus de tout cela, la magie existe officiellement et la sorcellerie est une guilde puissante bien qu'occulte, évidemment surveillée de très prés par les écclesiastes despotiques au masque de fer. Il est donc à la fois déroutant et délicieux de voir évoluer dans une Europe post-révolution industrielle des personnages de moyen âge, des automobiles, de la magie, et au beau milieu de tout cela, l'intrigue qui démarre presque avec l'explosion de l'église de la Madeleine à Paris, ce qui n'est pas rien. Fil rouge de l'oeuvre, la quête d'une relique du Christ bien connue : le Graal. Le tome 1 se découpe en mensuels regroupés, dans lesquels sont régulièrement glissés des pages recto-verso fictives de gazette "de l'époque" (du livre) mêlant faits divers troublants et mouvements sur l'échiquier politique mondiale... chaque petit détail a son importance dans ces pages, aussi prévoyez un peu de concentration pour déguster pleinement la profondeur de ce livre, bien plus qu'un simple comics. Niveau dessins, ce n'est pas génial (ça ressemble à du Igor Kordey - L'Histoire Secrête), mais pas dérangeant non plus. A la limite, je préfère cent fois les couvertures superbes mêlant le style art déco et celui de la propagande de guerre. Le personnage central, le Dr Saunière (ça vous rappelle quelque chose, ce nom ?), membre de la guilde des docteurs et à la fois altruiste forcené, se voit "confier" la quête malgré lui par un prêtre assassiné à qui l'on a volé un manuscrit ultra sensible. La suite, vous la découvrirez en vous plongeant dans l'univers riche et passionnant de "Rex Mundi", dont 3 tomes sont désormais sortis, constituant déjà un sacré pavé.
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Le Da Vinci Code avant la lettre, 17 décembre 2010
Rex Mundi fait partie de ces perles injustement méconnues. Mélangeant adroitement sociétés secrètes, religions et géo-politique, cette série nous plonge dans des années 30 mâtinées d'inquisition moyenâgeuse. Admirablement servi par un graphisme réaliste et élégant (ne vous laissez pas induire en erreur par l'ignoble couverture, seule faute de goût de l'ensemble), le récit est captivant dès les premières pages. On prend un délicieux plaisir à démêler les fils des nombreuses intrigues avec le héros pour chaque fois s'apercevoir que le mystère qui subsiste est plus complexe qu'on ne l'imaginait. A ceux qui trouveront une filiation avec le célèbre Da Vinci Code, je rappellerai que Rex Mundi a été publié bien plus tôt (mais traduit tardivement : heureusement cette oubli est enfin réparé). Ne résistez pas plus longtemps. Les différents tomes ne forment qu'une seule et grande histoire mais vous pouvez déjà plonger dans ceux parus tant on peut les lire et les relire avec plaisir.
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