Je dois avouer ne rien connaître à Wagner mais il fallait que j'écoute avec attention au moins une œuvre. Mon choix s'est porté sur Tannhäuser, à mon sens plus abordable que le Ring, Parsifal ou Tristan. Je n'ai pas été déçu de mon choix ni sur celui de ce DVD qui permet de coller directement au drame qui se déroule sur scène. Le choix de tournage privilégie les gros plans avec des plans sur les scènes de coulisse qui permettent de faire la liaison entre la « vie réelle » et la scène. Avec cette technique qui colle au plus près des acteurs, on est véritablement dans le théâtre chanté, tel que devait peut-être le concevoir le compositeur. Peter Seiffert est un Tannhäuser très convaincant avec une voix chaude et porteuse. Son jeu de scène est charnel, ses expressions très évocatrices même s'il transpire abondamment et que le début de l'acte III le voit postillonner abondamment de retour de pèlerinage ! Solveig Kringelborn est une Elisabeth aux expressions parfaites, entre candeur et mysticisme. Roman Trekel incarne un Wolfram magnifique mais plus statique et inexpressif. Cela est sans doute dû à sa technique de chant qui lui fait se rengorger et masque les autres possibilités d'expression. Isabelle Kabatu, dans son bref rôle de Vénus, est voluptueuse à souhait avec une voix qui frise l'intransigeance et la passion sauvage.
Tannhäuser est un opéra parfois caricatural.Dans l'acte III, les paroles mises dans la bouche du pape sont ridicules à souhait mais renvoient Tannhäuser au doute de la miséricorde, péché suprême contre l'Esprit. Par contre, cette œuvre n'est pas antichrétienne au sens ou l'intercession d'Elisabeth permet à Tannhäuser d'avoir le Salut : « Heureux le pécheur pour qui elle a pleuré, pour qui elle implore la grâce du Ciel ».
Bref, c'est pour moi une découverte que cet opéra à la musique si douce et subtile.