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Richesse du monde, pauvreté des nations [Poche]

Daniel Cohen
1.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)

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Richesse du monde, pauvretés des nations Richesse du monde, pauvretés des nations 5.0 étoiles sur 5 (1)
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La montée du chômage et des inégalités dans les pays occidentaux est souvent attribuée à la mondialisation. L'enrichissement de certains pays en développement provoquerait inéluctablement l'appauvrissement des travailleurs les moins qualifiés des pays riches. Daniel Cohen s'inscrit en faux contre cette interprétation. Les mutations économiques et sociales que connaissent nos sociétés sont surtout d'origine interne. Elles sont dues à la révolution informatique et non pas aux échanges, encore faibles avec les pays pauvres. L'auteur en conclut qu'il ne faut pas chercher à affaiblir l'État providence pour espérer concurrencer les pays bénéficiant de coûts salariaux plus faibles. De même, le recours au protectionnisme freinerait le processus de développement. C'est le contrat social qu'il faut repenser en adaptant la politique de redistribution au nouveau contexte économique et technologique.

Professeur de sciences économiques à l'École normale supérieure et à l'université de Paris I, Daniel Cohen propose ici une analyse éclairante des enjeux de la mondialisation et de la troisième révolution industrielle. --Gery Dumoulin

Revue de presse

Le grand espoir du XXIe siècle
Tandis que l'économie mondiale prospère, la pauvreté progresse. Daniel Cohen nous aide à comprendre pourquoi.
Mondialisation, délocalisations, restructurations, aggravation du chômage: tous ces thèmes inquiétants sont évoqués avec des accents catastrophistes dans les débats politiques de cette fin de siècle. Mais il est rare que l'on dépasse le constat. Le petit livre de Daniel Cohen a le grand mérite de prendre du recul et de montrer du doigt les articulations entre l'industrialisation accélérée du tiers-monde, la transformation des modes de production et la réapparition de la pauvreté dans les pays riches.

-Il faut se réjouir du boom des économies asiatiques. Car elles vont stimuler et alimenter la croissance de nos propres économies. Certains pays, comme la Chine, la Thaïlande ou la Malaisie, voient leur PNB progresser de 10 % l'an. Et la Banque mondiale annonce une croissance moyenne annuelle de 7,5 % en Asie pour les vingt prochaines années. Ces performances, qui s'appuient sur le développement du commerce international, vont offrir d'énormes débouchés aux entreprises occidentales. Certains voient même dans ce phénomène le "grand espoir du xxie siècle".

- La mondialisation ne se fait pas "contre" les travailleurs des pays riches. Il s'agit là, selon Daniel Cohen, d'une idée totalement fausse. Parce que le pourcentage de travailleurs réellement concernés par la concur- rence des pays pauvres ne dépasse pas 2 à 3 %. Et parce que l'accélération des échanges entraîne les secteurs les plus dynamiques (équipements, industries de l'information, services aux entreprises) et aboutit à la création d'emplois de plus en plus qualifiés et donc mieux payés. Il apparaît ainsi que les deux tiers des emplois créés aux Etats-Unis ces cinq dernières années l'ont été dans des secteurs où les rémunérations sont supérieures à la moyenne.

- Une nouvelle révolution industrielle est en cours. Après avoir provoqué un intense mouvement d'automatisation, l'infor-matisation de nos sociétés introduit un nouveau type d'organisation du travail. Fini la production de masse assurée par de grandes entreprises sur le modèle fordiste; la tendance est aux petites unités spécialisées, flexibles et adaptables aux besoins du marché, mais de plus en plus fermées aux travailleurs non qualifiés...

Conclusion de ce rapide tour d'horizon: ce n'est pas en accusant les pays pauvres d'être à l'origine de tous nos maux (l'aggravation du chômage et le renforcement des inégalités) que nos responsables politiques comprendront la nature des transformations qui affectent nos propres sociétés. Et qu'ils trouveront les moyens de combattre la crise. Daniel Cohen est professeur de sciences économiques à l'Ecole normale supérieure et à l'université de Paris-I. --Pierre Barrot-- -- L'Entreprise

Ne tirez pas sur la mondialisation
Peut-on croire que la concurrence des pays pauvres soit la cause de nos misères, alors que leur commerce avec les pays développés représente moins de 3 % de la richesse créée chaque année par ces derniers? Pourquoi la France a-t-elle 13 % de chômeurs alors qu'elle crée chaque année 4 millions d'emplois, soit proportionnellement presque autant que les Etats-Unis?

Les réponses de Daniel Cohen, professeur d'économie à Normale sup, battent en brèche les idées reçues. Au début du XIXe siècle, un habitant d'Europe occidentale était en moyenne 1,3 fois plus riche qu'un habitant de l'Inde ou de l'Afrique. En 1995, le rapport des revenus par tête entre pays développés et Tiers Monde est de l'ordre de 1 à 50.

Le privilège que l'Occident a tiré de la révolution industrielle pourrait n'être qu'une exception, qui disparaîtra avec le puissant rattrapage en cours des pays émergents. Mais ce rattrapage se fera au détriment des pays riches. Les inégalités qui s'y développent ne sont pas la conséquence de la mondialisation, mais bien de la "troisième révolution industrielle", qui survalorise le critère de compétence. En 1970, le chômage en France était de 2,5 % chez les diplômés et de 3,5 % chez les travailleurs non qualifiés. En 1990, il est passé à 4,5 % chez les premiers, mais à 20 % chez les seconds.

Et la nature même des nouvelles technologies fait exploser l'organisation "fordiste" du travail et le type de cohésion sociale qu'elle engendrait. Les anciens groupes sociaux, fondés sur l'homogénéité des compétences, des revenus et des carrières, éclatent: c'est au sein des métiers, entre travailleurs de même niveau de formation, que se développent les inégalités.

Faire de la mondialisation la responsable de nos problèmes d'emploi est absurde et dangereux. Car, écrit Daniel Cohen, "c'est en se convainquant que la menace qui pèse sur leurs sociétés vient du dehors que les pays riches se rendent aveugles aux transformations qu'ils ont eux-mêmes engagées; c'est en cherchant au-dehors des boucs émissaires qu'ils s'éloignent de la recherche du bien commun". --Gilles Pouzin-- -- L'Expansion


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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une analyse un peu dépassée ! 29 novembre 2007
Par Aranval VOIX VINE™
Daniel Cohen nous offre une vue condensée des évolutions économiques au cours de l'histoire. Il analyse également l'impact de la mondialisation sur le monde occidental et nous présente son interprétation à l'aide d'exemples concrets. La démonstration me parait souvent simpliste alors que je ne suis pas économiste. Cependant, le plus gros défaut de ce livre, non imputable à l'auteur, réside dans le fait qu'il n'est plus d'actualité car il a été écrit il y a plus d'une dizaine d'années. Entre temps des pays comme la Chine ont marqué le paysage économique et modifié considérablement la donne mondiale. Néanmoins ce livre reste intéressant à lire pour les néophytes comme moi.
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1 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Très décevant 5 avril 2012
Par REVERSE
Je ne peux qu'abonder dans le sens du commentaire précédent qui rejoint entièrement mon sentiment quant à cet ouvrage.

Ce livre rappelle que tout "spécialiste" qu'on soit, nul n'est prophète en son pays. Une grosse décennie plus tard, le propos simpliste de Daniel Cohen est fortement bouscule par la complexité des événements qui ont eu lieu depuis.

On ne peut pas toutefois reprocher à M. Cohen le simple fait de s'être fourvoyé : qui aurait pu pronostiquer les événements de ces dernières années ? On peut en revanche lui reprocher deux choses :
- son côté donneur de leçon permanent, prompt à occulter ce qui pourrait nuancer son propos et à dégainer force chiffres et études quand ceux-ci vont dans son sens, telle une dissertation bêtement scolaire. Je prendrai pour exemple son jugement péremptoire sur Apple et Microsoft quand on met en lumière ces deux sociétés aujourd'hui (et moi personnellement, je ne me risquerai pas à un pronostic sur ces deux entreprises pour les 10 ans à venir...).
- sa vision béate de la mondialisation et de l'équilibre naturel du marché. Sans vouer la mondialisation aux gémonies comme le font les dogmatiques de l'autre bord, l'économie est aussi une guerre aux armes multiples (comme le détaille brillamment le commentaire précédent) et ce livre fait complètement l'impasse dessus, en se cantonnant uniquement aux mécanismes de marché, prompts normalement à rétablir les équilibres optimaux pour le bien de tous... Propos bien limité.
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24 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Dieu, quel ennui ! 23 mai 2007
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS VOIX VINE™
Quel ennui de revisiter Adam Smith par la petite porte, comme si l'auteur se plaisait à enseigner à des enfants de CE1, au mieux de CE2 et non pas à ceux de Normale Sup'.

Constater qu'il n'existe aucun miracle dans la forte croissance des quatre dragons asiatiques parce que "la richesse vient récompenser les efforts de chacun" en se référant à Adam Smith ou aux "bibles luthériennes" est surprenant...

La démonstration selon laquelle la mondialisation se produit au profit du "capital" et contre les travailleurs des pays riches, est selon Daniel Cohen, "totalement fausse".

Quel culot ! Il est vrai que le professeur prestigieux d'économie oublie totalement la question monétaire. Superflue est la monnaie, baste ! L'hyper-spéculation, notamment investie à l'époque de l'édition de cet ouvrage, en Asie, a replié subitement bagage quand des signes de menace se sont pointés; entraînant l'effondrement de ces économies (cf. "La grande désillusion" du prix Nobel Joseph Stiglitz).

Comment ignorer le syphonage des entreprises cotées par les fonds de pension comme le démontre si brillamment un auteur, très éloigné de l'alter-mondialisme, puisque ancien chef économiste du Medef, Jean-Luc Gréau dans "L'Avenir du Capitalisme" ?

Comment ignorer que le protectionnisme est une donnée vivante exprimée par des Etats souverains (Etats-Unis, Chine par exemple) tant au niveau des barrières douanières que sur ce plan monétaire ignoré par l'auteur ? Protectionnisme monétaire quand une monnaie est sous-évaluée par rapport à une autre (exemple : sur-évaluation de l'euro par rapport au US dollar et au yuan chinois par rapport à l'euro dans l'export des pays européens de la zone euro) et dumping monétaire (exemple : sous-évaluation du US dollar et du yuan chinois dans leurs exports à destination de l'Euroland). A l'époque, le jeu monétaire était semblable avec un franc arrimé au deutsche Mark, ce qui coûta (merci M. Trichet, déjà...) "une génération de chômeurs" - Bernard Maris ("Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles").

Balayer aussi d'un revers de main Paul Bairoch sans citer son ouvrage ("Mythes et paradoxes de l'histoire économique") tient lieu du jeu de l'illusioniste et non du scientifique.

Comment croire un seul instant qu'un marché n'est pas manipulable ? (notamment en bourse) qu'il obéit à cette fameuse nulle et inexistante "main invisible" quand le marché est organisé, réglementé par l'Etat souverain (cf. "La Place du marché" de Michel Henochsberg).

Comment ignorer que 97% des échanges monétaires mondiaux sont de nature spéculative contre 3% seulement de nature réelle ("Le nouveau mur de l'argent : Essai sur la finance globalisée" de François Morin) ? Daniel Cohen l'ignore dans sa superbe attitude du maître d'école distribuant, à ces idiots d'élèves, les bons et mauvais points.

Un livre niais, écrit par un économiste manifestement auto-satisfait, imbu de sa fonction : à éviter, de grâce !
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