Enregistré en 1975 ce disque voit maitre Blackmore entamer une carrière solo dès son départ de Deep Purple.
Pour se faire il ira débaucher l'intégralité du groupe ELF (sauf le guitariste éjecté) qui a fait la majorité des "opening act" du DP mark III.
Groupe efficace mais sans génie dont on retiendra le clavier chaloupé de Mickey Lee Soule et bien sûr Ronnie James Dio.
Les grands classiques "Man on the Silver Mountain", "16th Century Greenleeves" et "Catch the Rainbow" bénéficieront ensuite d'une présence plus forte sur le live "On Stage", on retiendra plutôt le très lyrique "Temple of the King" transcendé par la voix emphatique de Dio et "Snake Charmer" assez rock n'roll. Mais ce disque est avant tout un disque de guitare, et quelle guitare, avec "Stormbringer" nous avions oublié à quel point Ritchie Blackmore était un GRAND guitariste, on a l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en disant cela mais on a tellement glosé sur son caractère exécrable (ce qui est vrai) et sa misanthropie que quelques fois on oublie qu'il fut avant tout un des plus grands guitariste de 70's et des 80's, hard rock ou pas.
On redécouvre avec ce disque à quel point ses constructions rythmiques étaient originales, elles sont la plus belle preuve de l'influence de la musique classique sur Blackmore, le "Kashmir" de Jimmy Page mis à part, je ne connais pas beaucoup d'autres exemples de l'assimilation de ce genre musical dans le hard rock.
Quant à sa vélocité insolente, ses coups de vibratos assassins, son lyrisme de tous les instants et son art du chorus explosif, ils sont la marque des plus grands.
Même si Blackmore doit beaucoup à Jeff Beck, il a su très tôt se démarquer de son glorieux ainé par un sens du drame que Jeff n'a jamais osé aborder.
Le disque se clôt sur une très belle version du "Still I'm Sad" des Yardbirds.