Un court opéra, 'Riders to the Sea', qui n'en est pas un, mais un dialogue où les paroles chantées sont directement celles de l'auteur irlandais de la pièce, sans intervention d'un librettiste: le drame de la mort, des morts ouvrant sur la sérénité du renoncement. Avec un orchestre d'une fluidité conforme à l'élément marin dominant. L'on se demande pourquoi la rêveuse 'Household Music' n'est pas au répertoire de tous les orchestres de chambre sur instruments modernes, sauf à considérer l''eccentricité' d'un cor obligato dans la troisième pièce. Et c'est sans doute une autre 'eccentricité', celle de la présence d'un choeur dans 'Flos Campi', inspiré du 'Cantique des Cantiques', qui interdit aux altistes de s'intéresser à une oeuvre bouleversante qui enrichit de façon substantielle leur répertoire en posant sans doute un problème de coût aux organisateurs de concerts. La liberté de Vaughan Williams, son sens profond de l'adéquation indispensable des moyens mis en oeuvre à l'expression recherchée, son mépris des contingences font que son oeuvre fourmille de chefs d'oeuvre que l'on ne donne jamais. En voici trois à des titres différents dans des interprétations ou l'engagement le dispute à la qualité intrinsèque. Le disque joue ici pleinement son rôle d'antidote aux lacunes des programmes standards de nos salles où un répertoire sclérosé s''encanaille' régulièrement de créations le plus souvent en harmonie avec quelque mode.