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Rien de grave
 
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Rien de grave [Format Kindle]

Justine Lévy
4.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (21 commentaires client)

Prix éditeur - format imprimé : EUR 15,80
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Descriptions du produit

Extrait

Tu t’attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J’ai lancé le cadre par terre, le verre s’est brisé mais comme c’était pas assez j’ai bondi du lit et j’ai déchiré la photo, celle qu’il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu’on ne connaissait pas à notre mariage qu’on est partis avant la fin.
Il a eu l’air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu’il n’aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c’est le contraire, rien ne me fait plus peur qu’une photo, rien ne me semble plus faux-cul qu’une belle photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu’elle promet, qu’elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c’était la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n’existais pas.
Il portait des baskets neuves, ce soir-là. Il était allongé sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. D’abord j’ai cru que c’était parce qu’il en était content, parce qu’il voulait les admirer et me les faire admirer, je ne savais pas que c’était pour partir, en courant, pour toujours. Pourquoi tu n’enlèves pas tes baskets ? j’ai demandé. Elles sont chouettes, mais il est deux heures du matin, t’as envie de faire l’amour avec tes baskets mon amour ? Non, il a dit, sans rire ni sourire, non, j’ai pas envie de faire l’amour avec mes baskets, j’ai quelque chose à te dire. Ah bon, quoi ? Je me suis pelotonnée contre lui. En rentrant de mon bureau, je l’avais appelé : tu as besoin de quelque chose ? Non. Du fromage, des Frosties ? Non. Parce que je vais aller faire des courses, il n’y a plus de Coca, ni de thé je crois, tu veux sûrement quelque chose ? Rien. Rien, t’es sûr, c’est dommage, car je voudrais bien te faire plaisir, moi. Alors, fais-moi plaisir, ne me rapporte rien s’il te plaît. Cette conversation m’avait sidérée. Il ne disait jamais non aux Frosties, d’habitude. Jamais non au fromage. Parfois on se levait la nuit, moi pour aller boire un verre de lait, lui pour se faire un sandwich, on se retrouvait dans la cuisine, ensommeillés, affamés, c’était parmi les moments que je préférais, quand il était décoiffé, tout nu dans le froid, France Info à fond pour écouter le résumé du match de foot. Mais là il ne voulait pas de fromage, rien, c’était la première fois, c’était bizarre.
Tu te souviens comme on se moquait, d’habitude, de ceux qui disent bon il faut qu’on se parle ? il m’a dit, couché sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. Oui, pourquoi ? Parce qu’il faut qu’on se parle, là, c’est idiot mais il faut qu’on se parle. Il avait le menton qui tremblait, il avait l’air qu’il a quand il a une sale note, ou quand il s’est disputé avec son père, ou… Non, en fait, il n’a jamais eu le menton qui tremble comme ça, il n’a jamais eu cet air-là, et je lui demande, tout bas, au bord des larmes, en osant à peine poser la question, en n’osant pas entendre la réponse : il faut qu’on se parle, mais de quoi ? Et, comme il hésite : allez, allez, dis-le, je crie, debout soudain près de lui. Je viens de comprendre, en fait, et je le déteste d’avoir compris : dis-le ! dis-le ! La semaine dernière… (il tousse, il prend une cigarette, cherche du feu, n’en trouve pas, repose la cigarette)… la semaine dernière, tu portais ta robe verte, tu sais, celle qui fait se retourner les gens dans la rue et qui me rend toujours si fier, tu m’as dit ça y est, je suis guérie, je vais bien, je vais tellement bien qu’on va pouvoir enfin s’aimer bien, je n’ai plus peur que tu me quittes, tu t’en souviens ? Bien sûr que je m’en souviens, je pense : je me sentais si forte, ce jour-là, j’avais arrêté les amphètes depuis un an, je ne lisais plus son journal intime, je ne parlais plus en dormant, et c’est vrai que je n’avais plus peur qu’il me quitte, et c’est vrai que c’était une drôle de bonne nouvelle, ça voulait dire que la vie allait être plus légère, c’est tellement important la légèreté. Je ne réponds pas, pourtant. Je suis trop atterrée par ce que je suis en train de comprendre et c’est lui qui reprend : eh bien je pars, voilà, je m’en vais, c’est ça le truc que je voulais te dire.

Présentation de l'éditeur

Depuis qu’Adrien l’a quittée, Louise a perdu le goût, le désir, le sens même de la vie. Elle n’a plus le courage ni d’être heureuse, ni d’avoir mal, ni d’avoir peur. Louise et Adrien s’aimaient comme des enfants terribles, depuis la fin de l’adolescence jusqu’au jour où Adrien rencontre la jeune maîtresse de son père, Paula, femme idéale au regard de tueuse qui brisera le cœur de Louise en tuant l’amour qu’Adrien lui portait. Depuis, Louise se laisse vivre sans vivre. Elle attend sans attendre. Cela aurait pu durer des mois ou des années : seul un nouvel amour permettra à Louise de réapprendre les gestes et de retrouver la saveur de l’existence. D’une écriture à la fois sèche, tendre et souvent irrésistiblement drôle, ce livre où l’auteur ne se ménage pas et ne ménage personne, raconte une descente aux enfers et une remontée vers la lumière.

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23 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 excellent livre, 1 avril 2004
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien de grave (Broché)
Je confesse avoir acheté ce livre à cause de son aspect "people" et des révélations d'une certaine presse sur l'idendité réelle des personnages du roman ; et j'ai découvert un grand livre, poignant, l'histoire d'une enfant gâtée, extraordinairement sensible, qui aime sa grand mère, sa mère, son père, qui est divinement jalouse de celle qui lui a pris son amour d'adolescence, qui évoque avec émotion sa dépendance aux amphétamines et qui n'est toujours pas remise de son avortement. L'écriture, en apparence brouillonne, est en fait épatante une fois qu'on est entré dans le livre.
Le succès de l'ouvrage est méritée ; Justine Levy est aujourd'hui adulte et on attend avec impatience son prochain livre.
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18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 sublimer sa douleur, 5 mars 2004
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien de grave (Broché)
Juliette (Justine) est une fille blessée, par la vie, par ce qu'on ne choisit pas (la mort de sa grand-mère, la maladie de sa mère) et aussi par ce que les gens font comme mauvais choix... Son mari bien aîmé (Raphaël Enthoven) s'en va avec celle qu'elle nomme Terminator (Carla Bruni)et qu'on aimerait toute éviter... Un livre touchant, une fille qui fait une oeuvre d'art de a douleur
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Justine Lévy à coeur ouvert, 13 septembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien de grave (Broché)
Témoignage pudique d'une tranche de vie. Sans exhiber les personnages bien connu dont elle parle, Justine Levy ose se mettre à nu à travers les différents personnages de son roman...
Ecriture légère mais juste, J.Levy parvient à émouvoir son lecteur, en particulier avec le personnage de Louise; jeune fille traversant des épreuves difficiles, Louise (sous-entendu Justine Levy) sort grandi de cette histoire.
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