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Commentaires client les plus utiles
110 internautes sur 118 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
émouvant,
Par Poison (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien ne s'oppose à la nuit (Broché)
Tout d'abord je tiens à remercier les éditions JC Lattès pour m'avoir permis de lire ce livre.Delphine de Vigan est une auteur française dont le nom a émergé récemment auprès du public avec l'adaptation au cinéma de son roman No et Moi, roman émouvant et bouleversant. Et bien ce roman ci m'a également profondément touchée. Il m'a émue au larmes, touchée, fait sourire, révoltée...Une palette de sentiments avec lesquels on n'est pas forcément à l'aise. Mais qu'importe. Cette lecture fut admirable, et je ne la regrette pas une seconde ! Merci pour cette histoire ! Pleine de pudeur, de craintes, de drames, de silence et de cris, de violence et de tendresse, ce roman qui tend à donner une dimension auto-biographique ne peut laisser indifférent. On aime ou on déteste ce genre. L'auteur raconte sa mère. Sa mère telle qu'elle l'appréhende au travers des témoignages, oraux ou non, de ceux qui l'ont connu. Tout commence par son enfance, sa fratrie et ses parents, l'époque, puis sa vie d'adulte, ses déchéances et ses désespoirs. C'est un témoignage bouleversant sur une femme qui a souffert de troubles psychiatriques qui l'ont éloignés des siens. Un témoignage d'une enfant qui a trop vite été confronté à la vie dans ce qu'elle a de plus dure : la perte - à tous les niveaux. Ce livre provoque un sentiment de voyeurisme chez le lecteur - on veut en savoir plus - sentiment qui se mâtine d'un peu de honte dans mon cas "comment autant se plongée dans la vie de cette femme ?". Mais les personnages sont changeants, et le récit, mouvant, nous révèle différentes facettes de l'époque, de la famille, des gens. Notre opinion évolue au fil du livre, au fur et à mesure des souvenirs et des révélations. On a pas le même regard sur Liane et George au début et à la fin, comme si nous aussi nous grandissions, comme Lucile. Comme Delphine. L'auteur a su illustrer dans ce roman le "classique" d'une famille, nombreuse ou pas. Les non-dits, les silences, les moments de joies, les souvenirs et les traditions, mais aussi les pertes et les haines, les chagrins et les blessures. Les rancunes et les incompréhensions. Ce roman est magnifique, triste et pourtant porteur d'une certaine joie. La vie continue. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
75 internautes sur 83 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Intéressant mais très nombriliste,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien ne s'oppose à la nuit (Broché)
Le livre raconte la quête d'une jeune femme sur le passé de sa mère, qui vient de mourir. Un passé très douloureux car cette dernière était atteinte d'une psychose maniaco-dépressive. Pour quelle raison cette très belle femme, née après-guerre, dans les années 1945, a-t-elle plongée dans de telles affres? Delphine de Vigan se plonge dans les archives familiales, interroge ses proches, les soeurs et frères de sa mère, sa propre soeur, son père. En ressort, l'apparence d'une grande famille bourgeoise joyeuse et turbulente. Mais cette image se fissure, dès que Delphine de Vigan gratte un peu: Alcoolisme, accidents mortels, suicides, dépressions, tel est le lot de cette famille modèle aux ressorts monstrueux. Famille, je vous hais, famille je vous aime...Delphine de Vigan balance avec sensibilité entre ces deux antiennes. Pour autant, si j'ai avalé le livre d'une traite, je me sens un peu mal à l'aise, sans doute parce que ce livre prolonge une mode très actuelle où priment les histoires nombrilistes et psychologisantes. Dans ce genre là, il est au-dessus du lot, mais ce côté doloriste m'agace et m'ennuie. On a envie de dire à l'auteur que nous avons tous nos secrets de famille, tous des grands-mères un peu cinglés et des pères absents. Je ne suis pas sûre que ce type de lecture très douloureuse soit à mettre en toutes les mains, surtout lorsqu'on souffre soi même d'une famille toxique.
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48 internautes sur 53 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Rien ne s'oppose à la nuit,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rien ne s'oppose à la nuit (Broché)
Delphine de Vigan, que l'on avait pu rencontrer avec "Jours sans faim" ou le plus récent "No et moi" signe un nouveau roman, consacré à la vie de sa mère: "Rien ne s'oppose à la nuit", titre emprunté à la célèbre chanson "Osez Joséphine" d' Alain Bashung.Il est difficile, reconnaît humblement Delphine de Vigan, de faire un roman sur sa vie de famille, sur sa mère. Cette dernière, confessent les premières pages, s'est donné la mort a soixante-et-un an, et fut retrouvée par sa fille, après cinq jours, dans son appartement. Difficile de traiter d'un sujet intime, qui soit assez général pour intéresser, assez personnel pour être sincère, assez authentique pour permettre à son auteur de sublimer réellement le choc de cette mort, qui quelque part, ne lui aura pas épargné cette rencontre terrible avec l'autre visage de l'être aimé, celui du cadavre. C'est donc un livre que l'on aborde avec une hésitation qui est avant tout celle de son auteur. Tout au long, l'auteur intercale des chapitres intermédiaires, ou elle revient sur ses difficultés à traiter d'un noeud si serré, si présent, et qu'il faut bien dénouer, malgré la peur de se tromper, de romancer, de décevoir ou de trahir sa famille, les survivants... Mais nul doute, il s'agit d'un livre bouleversant, qui évoque la faille qui existe chez chacun, à sa façon. Chaque famille traîne ses fantômes familiers, et la douloureuse et indispensable sociabilité qui fait vivre l'homme en famille plutôt que seul, à la manière de la fable du porc-épic de Schopenhaueur, toujours désireux de se rapprocher de son semblable pour lutter contre la froideur de ce monde, mais toujours blessé, un mythe du Sisyphe de l'homme sociable. Lucile Poirier vois le jour dans une famille de neuf enfants. Elle grandit dans le bruit, les chahuts, la compagnie, la fraternité, la peur, dans une famille qui perdra comme par une étrange malédiction trois de ses fils, et aura un dernier garçon trisomique. Car une fatalité terrible anime chacune de ses pages. Peut-être même ne nous plongerions nous pas autant dedans si on ne les ressentait pas comme terriblement vraies. Après la mort accidentelle d'un tout jeune frère, la famille oscille entre précarité et abondance, entre les grossesses renouvelées de Liane, la mère, et les réussites professionnelles de Georges, le père. Liane est une mère totale, faite pour mettre au monde des bébés et s'occuper de sa maison. Conditionnée à faire tourner son foyer jusqu'à l'obsession et l'aveuglement. Georges est un homme avant d'être un père. Il aime les femmes, et les jeunes filles. Il est un personnage plus énigmatique, que la réserve et sûrement l'impossibilité de percer le mystère empêche l'auteur de cerner pleinement (Lucile écrira qu'elle avait été violée par lui "dans son sommeil", mais comme il en est d'usage dans les famille où l'on ne parle pas vraiment, aucun scandale n'éclatera, et Lucile ne sera pas entendue, emportant avec elle le souvenir de ce qui avait pu advenir). Après le suicide de deux de ses frères, la raison de Lucile commence à vaciller. On la diagnostique bipolaire, comme la soeur de sa mère (la répétition est un thème fort de l'ouvrage, même si elle n'est pas détaillée, le livre n'est volontairement pas psychanalysant). Pour ses deux filles, une vie de combat contre la folie et la précarité s'engage. Ce livre est délicat. Il est pudique et respectueux, honnête et digne. Par l'écriture, Delphine de Vigan essaie de se réconcilier avec celle qui l'a laissé sur un au revoir bien douloureux. L'écriture apparaît comme une manière de dompter un passé obscur, entremêlé à une histoire familiale obscure, mais de cette noirceur par bien des aspects toute puissante, l'auteur essaie de tirer une lumière, et s'en référant à l'artiste du Noir par excellence, Pierre Soulages qu'elle cite: " Mon instrument n'était plus le noir, mais cette lumière secrète venue du noir". Rien ne s'oppose à la nuit, c'est la réconciliation avec la part des ténèbres en soi, qu'il faut bien accepter, pour ne pas sombrer dans la dichotomie. C'est le roman de la réconciliation dans le doute, dans l'obscur, l'ataraxie de celui qui accepte que rien ne peut plus s'opposer à la nuit tombée. Emma Breton Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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