Il m'en aura fallu du temps, pour me résoudre à commencer la lecture de cette saga! Et je dis commencer, parce que je continuerai. Si, si.
Les commentaires allant du dithyrambique au rejet le plus total, difficile de me faire une idée, d'autant que même les fidèles commentateurs auxquels j'ai coutume de me fier apparaissaient si contradictoires (merci en passant à toutes celles et ceux, dont j'ignore si je peux citer les pseudos, qui me permettent régulièrement de découvrir de petites perles).
Mais au bout du compte, la surprise s'est révélée plutôt bonne. Ok, on ne parle pas d'un écrivain au style impérissable et Kéri Arthur ne deviendra résolument pas la Mme De Staël de ce siècle. Mais elle est une bonne conteuse, qui se laisse lire facilement, et si l'étendue de son vocabulaire n'est pas aussi large que celle du Petit Larousse (un auteur que je ne recommande pas, néanmoins...), elle évite les tics de langage et les répétitions qui rendent certains romans proprement insupportables.
L'intrigue tient debout, elle est intelligente et cohérente, menée tambour battant dans une écriture fluide et moderne, et ne se perd pas au fil des pages.
Ses personnages sont tous intéressants, chacun dans leur rôle, héros ou méchant. Bon, d'accord, sans le charisme des frères de la Dague Noire, bien évidemment, mais aucun ne souffre actuellement la comparaison avec la bande créée par J. R. Ward, du moins en ce qui me concerne (eh! oui, je suis accro, au point d'en avoir fini la série en anglais, tellement je ne pouvais pas attendre, si c'est pas de l'amour, ça! Et même que j'ai mis plusieurs jours à ouvrir un autre livre après, tellement je ne pouvais pas arrêter de penser aux brothers... Dingue amoureuse, il y avait de quoi plonger un pauvre garçon de chair et de sang bien réel dans la plus profonde dépression, si vous voyez ce que je veux dire!).
Reste le "problème sexe" (qui n'en est pas un) de cette chère Riley... Bon, d'accord, elle s'en donne à coeur joie, et après tout, pourquoi pas? Elle n'est pas mariée, pas même en couple, elle ne trompe personne, ne fait de mal à personne, tout se passe entre adultes consentants. Son corps et la manière dont elle en use lui procurent du plaisir, beaucoup de plaisir, pourquoi ou au nom de quelle pseudo-morale devrait-elle s'en passer (Franchement, il y en a combien, parmi vous, qui disent non à un orgasme?!). Alors oui, les mots sont crus (un peu, faut pas rêver, ce ne sont rien que des mots qu'on connaît déjà, ils ne doivent pas être si méchants que ça...), mais elle est comme ça en tout, notre Riley : quand elle se bat, quand elle dit sa façon de penser ; un peu brute de décoffrage, un peu grossière, mais jamais vulgaire au contraire de ce que j'ai pu lire ici ou là dans certains commentaires (ou alors c'est que je suis très large d'esprit, et compte tenu de mon âge - non, je ne dirai rien, pas même sous la torture -, ça aurait plutôt tendance à me faire bigrement plaisir...). Les scènes de sexe, qui n'en sont pas vraiment, puisque n'excédant pas plus de quelques lignes pour la plupart, sont partie prenante de ce qu'est le personnage ; elles ne servent ni de diluant au scénario, ni de soutien à des délires pervers de l'auteur ou de ses lecteurs. Elles sont là, comme les dialogues, les combats, l'intrigue elle-même, pour faire de Riley ce qu'elle est intrinsèquement. Et il n'était pas besoin, à mon avis, d'en faire tout un plat...
En résumé, un bouquin sympa, pour un moment sympa. Je vais continuer, et à moins que le scénario ne s'émiette jusqu'à perdre tout intérêt, ou que Riley ne pète un câble et ne devienne subitement une nymphomane zoophile BDSM, je ne vois pas de raison de ne pas aller jusqu'au bout de la saga.