Et peut-être comme on ne voudrait pas l'entendre.
Gergiev est fidèle à ses habitudes de sorties des sentiers battus sur cette version de Scheherazade. Il nous propose une version sec, nerveuse, très rythmée, essouflante, pleine de contrastes et de violences, dont on peut douter que Korsakov apprécie. Néanmoins, il a également la talent de nous faire entendre certains motifs et certaines phrases qui sont habituellement cachées, ce qui est une avantage important, même si l'ensemble ne me semble pas tenir debout.
La prise de son est excellente, le son est fort, mais il y a un effet de fondu entre les instruments de l'orchestre, qui est en partie lié à la direction de Gergiev, qui a fait ce choix (que l'on repère dès les premières mesures, les cuivres enchainent les notes sans temps d'arrêt), mais peut-être à un traitement sonore postérieur, qui amplifie cet effet de flou. Là encore, je ne sais pas si cela convient à la pièce, et à la netteté de son orchestration.