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sous-estimé, 10 avril 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ringleader of the tormentors (inclus 1 DVD) (CD)
Le problème est le même depuis toujours : quand un artiste a sorti le meilleur album de sa carrière (ce qui était le cas avec le précédent, le faramineux « You are the Quarry »), le suivant est toujours accueilli avec déception. Donc, clarifions les choses d'entrée : oui, « Ringleader of the Tormentors » est inférieur à son prédécesseur, inférieur parce que si « You are the Quarry » présentait douze morceaux tous exceptionnels de A à Z, ce nouveau disque propose quelques chansons non pas mauvaises, mais disons classiques, du Morrissey de base sur lequel le chanteur se contente de « faire du Morrissey ». Donc même si elles sont loin d'être désagréables, disons que « In the Future when all's Well » ou « The Father who must be killed » par exemple ne marqueront pas la carrière de cet artiste atypique.
Ceci étant dit, ce nouvel album mérite largement l'acquisition. D'abord, pour les Anglicistes, les paroles sont plus fortes que jamais. On le sait, Morrissey est l'un des plus grands paroliers de l'histoire, mais ici, ses mots, qui pour la première fois, cela a été dit partout, abordent sa vie amoureuse tout en continuant à toucher, évidemment, à tous les thèmes existentialistes habituels, sont d'une puissance rarement atteinte. Côté musique, il y a également beaucoup de bonnes choses à prendre, et en premier lieu « You Have Killed Me », le single de l'album, assez anodin à la première écoute, mais infectieux finalement (le genre de morceaux que vous écoutez le matin et que vous avez dans la tête toute la journée). Derrière, le majestueux « I will see you in far-off places » et ses cordes orientales, le sublime « Dear god please help me » (finement arrangé par personne d'autre qu'Ennio Morricone), les glam et irrésistibles « The Youngest was the most loved » et « On the streets I Ran », les mélancoliques « To me you are a work of art » et « At last I am born », maintiennent très haut le niveau d'ensemble. Et puis il y a le long et martial « Life is a Pigsty » qui s'impose, tout au long de ses sept minutes de creshendo dramatique, peut-être bien, simplement, comme le plus grand morceau enregistré par Morrissey en solo. Bref, un disque qui ne risquera pas de convertir les détracteurs habituels mais qui comblera les amateurs de bonne pop britannique.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
L'éveil aux sens, 15 avril 2006
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Enregistré sous le soleil de Rome, "Ringleader", s'il contient l'essence de Morrissey sur certains titres cousus de fil blanc ("The youngest was the most loved", "In the future where all's well"), est surtout un disque physique et sensuel, qui donne au chanteur une profondeur enfin humaine. Touché par une grâce vocale exceptionnelle, Morrissey chante l'amour physique, parfois tourmenté, lorsqu'il en appelle à Dieu pour l'aider à comprendre le péché de chair ("Dear god, please help me", somptueusement arrangé par Ennio Morricone), mais aussi heureux et vivant("at last I am Born" et ses pluies de cordes tricotées sur un texte à tiroirs). Surtout, l'album contient en son millieu ce que Morrissey a fait de mieux depuis longtemps: le bien nommé "life is a pigsty", longue plainte déchirante où le chanteur vocalise comme jamais, porté par un texte où l'amour côtoie la mort, la rudoie plutôt, faisant apparaître un homme qui, au bout du compte, aura su aimer en dépit des souffrances et des peines. Un titre exceptionnel, qui porte l'album à lui seul, émouvant et élégiaque, et marque la sortie de Morrissey d'un format pop trop convenu: véritable crooner contemporain,il ne renie rien de son ancien personnage, mais prouve qu'il s'est ouvert au monde et aux hommes, et qu'il n'est jamais trop tard pour les regarder tous deux avec connivence et désir.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
6 mois après sa sortie, ce disque tient-il toujours la route ?, 23 novembre 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ringleader of the tormentors (inclus 1 DVD) (CD)
la réponse est non. j'ai eu beau l'écouter régulièrement, lui donner sa chance une bonne trentaine de fois... mais je suis au regret de vous dire que cet album est décevant.
voici tout de même un petit aperçu de ce qui vous attend si vous voulez acquérir ce 'ringleader' :
'life is pigsty', (le morceau le plus important de cet album aux dires de certains), fait penser musicalement à du massive attack (période blue lines), avec ses bruits de verres en guise de percussion et son synthé atmosphérique. voilà pour l'ambiance. la mélodie n'est malheureusement pas très inspirée.
le single 'you've killed me' est lui aussi assez bancal, avec son côté putassier rentre dedans.
'in the future where all's well' lorgne du côté de l'album your arsenal avec ses guitares basiques sauf que le titre reste très indigent du point de vue mélodique. même remarque pour 'on the streets' où on atteint un summum de vacuité.
'at last I am born' fonctionne assez bien avec son intro et son atmosphère à la ennio morricone (celui-ci a d'ailleurs participé aux arrangements d'un autre morceau de l'album 'dear god').
là où le bât blesse en fait ici, c'est du côté de la production signé visconti. le tout sonne trop pompeux et surtout, les mélodies ne sont malheureusement pas lumineuses.
on cherche à retrouver sur cet album le niveau d'une B-side de cd-single de 2004 comme l'excellente 'my life is a succession of people saying good bye'. en vain.
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