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25 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un western enchanteur, le plus beau rôle de Marilyn,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Rivière sans retour (DVD)
Western de 1954 (Preminger) avec Robert Mitchum et Marilyn Monroe.River of no Return, c'est la merveilleuse combinaison de Robert Mitchum, Marilyn Monroe et du fleuve qui ne cesse de rythmer cette romance feutrée. Le fleuve, qui, à l'époque, prit une nouvelle dimension grâce à ce format dont personne, avant Preminger, n'avait su déceler les possibilités, le CinemaScope. C'était au temps où Preminger ne donnait pas encore dans les grandes machines. La fascination premingérienne qui fut à la source de tant de gloses, jamais elle ne fut plus évidente que dans ces chroniques aigres-douces, ces longues et lentes marches d'un homme vers une femme ou d'une femme vers un homme, Laura, Un si doux visage, River of No Return, Bonjour tristesse. "Il faut regretter que Preminger n'ait réalisé qu'un seul western, car, dans cet espace bouillonnant, il a su glisser cette sorte de désenchantement singulier qui vient droit de ce coin d'Europe où il a vu le jour. "L'amour est le voyageur de la rivière sans retour", dit la chanson du film. Dans cette aventure de l'homme et de la femme qui accomplissent leur apprentissage sur les eaux en furie, Preminger a inscrit tant de tendresse et de pudeur qu'on oublie presque que le personnage principal n'est autre que le torrent, photographié comme jamais torrent ne l'a été." (Jean Wagner, Le Western) Ce western au ton heureux nous donne, à chaque vision, l'impression de passer des vacances. On sort de là trempé, fourbu, affamé, dans l'euphorie. Marilyn Monroe, cinémascopiquement cadrée comme jamais elle ne le fut, y créait le personnage le plus délicieux de sa carrière et y interprétait admirablement des chansons anthologiques ("One Silver Dollar", "Down in the Meadow", "I'm Gonna File My Claim") avant de se faire masser par Robert Mitchum. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Western mythologique,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Rivière sans retour (DVD)
La célèbre réalisateur de films "noirs" Otto Preminger n'a réalisé qu'un seul western, ce pur chef d'oeuvre de "La Rivière sans retour" ("River of no return"), cinemascope, technicolor et stéréophonique (comme le précise la bande annonce figurant dans les bonus) en 1954.
Ce mythique western est mythologique. L'univers qu'il décrit est celui de la création du monde. Il n'est pas gnostique (chute des âmes dans des corps mauvais, chaos originel) et pourtant il décrit le chaos. Les ingrédients de départ sont en effet : 1/ Une ville en régime de création : les tentes jouxtent des baraques en bois, la glaise (la boue), l'eau déjà (un charriot portant des filles de joie ne parvient pas à sortir du trou d'eau dans lequel il s'est enfoncé) : il s'agit d'une ville frappée par la maladie enfiévrée de la recherche de l'or. L'ambiance qui y règne est identique à celles décrites dans les deux magistraux Je suis un aventurier et Les Affameurs de Anthony Mann. 2/ Un homme descend de son cheval (Robert Mitchum). Un autre à ses côtés également, mais d'une mule sans selle. Il s'agit d'un Padre. Mitchum ramasse la bible qui est tombée dans la boue. La terre de mission de ce prêtre n'est plus celle des indiens, mais bien celle de cette ville de débauche d'énergies (Henry Hattaway s'en inspirera-t-il lorsqu'il composera son très beau "Cinq cartes à abattre" avec Robert Mitchum, en 1968 ?). Nous apprendrons très vite qu'il est récemment sorti de prison pour meurtre. 3/ Une divinité païenne, Marilyn Monroe, sublime chanteuse de saloon qui subjugue son assemblée non seulement dans le film mais aussi de l'autre côté de l'écran lorsqu'elle chante "Down in the Meadow" ou bien encore "I'm gonna file my claim", morceaux d'anthologie country révélant l'importance cruciale de la femme dans la conquête de l'Ouest - ces deux interprétations valent pour elles seules l'achat obligatoire de ce DVD - Le film se construit autour de l'histoire d'amour de ces deux héros. La nécessité les ayant conduit à fuir les indiens en descendant la tumultueuse "Rivière sans retour" sur un radeau de fortune crée l'originalité de ce film. L'eau. Quel symbole. L'eau est dangereuse. La Piste des géants décrit bien ce danger de la traversée. Elle est nécessaire à la vie. Il faut s'en sortir, la franchir pour parvenir à la terre promise (l'un des mythes fondateurs de la nation américaine). L'eau est vie à condition de s'en sortir sinon mort (symbolique du baptême chrétien). Une ville sans eau est souvent abandonnée (fin du rêve de l'or comme dans L'Homme de l'ouest ou La ville abandonnée). La rivière à l'écume rageuse peut donc aussi bien être le Styx. Gaston Bachelard vient à point pour approfondir ce film de génie. Dans son très bel ouvrage L'eau et les rêves : Essai sur l'imagination de la matière il met en rapport ces deux termes pour en faire jaillir la force de l'imagination : "L'imagination n'est pas comme le suggère l'étymologie, la faculté de former des images de la réalité ; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. Elle est une faculté de surhumanité." La descente de cette rivière en furie est parsemée d'embûches. Les flèches tirées par les Indiens ne sont pas celles de Cupidon. Et pourtant ... La traversée de cette rivière (tous les embarquements ont lieu de la rive droite, l'arrivée à Concil City est sur celle de gauche) marquera-t-elle l'arrivée à bon port d'une entente forte révélatrice d'un véritable amour entre Robert Mitchum et Marilyn Monroe ? Un dernier mot. Dans les westerns, bien avant tout le monde et mai 1968, la femme est totalement considérée. Elle n'est surtout pas la "nunuche" potiche de la grosse production cinématographique de cette époque. La jaquette du DVD est inexacte. Marilyn Monroe n'a pas été précurseur dans l'affirmation d'une féminité, d'un féminisme, dans le cinéma. Susan Hayward (Le jardin du diable), Jane Russel ("Le banni", Les Implacables réalisé par Raoul Walsh qu'il préférait à Marilyn Monroe dans "Les hommes préfèrent les blondes"), Jennifer Jones (Duel au soleil), Barbara Stanwyck (Quarante tueurs), Marlene Dietrich ("Les écumeurs", "l'Ange des maudits") sans oublier Grace Kelly dans "Le Train sifflera trois fois" sont là pour le démontrer. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Monroe, Mitchum et Preminger sont sur un radeau...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Rivière sans retour (DVD)
C'est beau, dur, aventureux, initiatique, mélancolique, habité de bout en bout par une nature sauvage extraordinairement filmée, et soulevé par deux mythe bringuebalés entre roc et velours (Mitchum, Monroe) plus un troisième, Otto Preminger, dans l'un de ses plus beaux films pour ce western psychologique.
Voilà une rivière dans laquelle on se plonge sans hésitation, et dont on se moque qu'elle soit sans retour puisqu'on en sort purifié, heureux ; grandi. Inoubliable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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