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Commentaires client les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Roads to Everywhere and Nowhere,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Road Movie, USA (Relié)
Décidément, l'automne est riche de livres de très grande qualité sur le cinéma américain d'avant-hier, d'hier et d'aujourd'hui. Après le cinéma muet, servi - et de quelle façon! - par Kevin Brownlow (La parade est passée...), Fritz Lang éclairé avec minutie pour tous les aspects de sa création (Fritz Lang au travail), et la réactualisation d'un livre d'entretiens avec Martin Scorsese excellemment conçu (Scorsese par Scorsese), voici un nouveau beau livre, une fois n'est pas coutume dû aux éditions Hoëbeke que l'on ne connaissait qu'assez peu sur ce terrain-là.Superbement édité, ce "Road Movie, USA" est co-écrit par deux critiques, Bernard Benoliel et Jean-Baptiste Thoret. Fort bonne idée à vrai dire que d'avoir mis leurs forces en commun pour traiter ce sujet aussi vaste que central. Leurs qualités respectives semblent avoir été portées assez haut par une collaboration qui a donné naissance à un texte dense et plein de références éclairantes, qu'elles soient attendues ou plus surprenantes. Il faut en effet dire dès l'abord que l'acception qu'ils donnent du terme "road movie" est assez large pour rendre compte de la question de l'identité américaine dans son rapport au territoire et au déplacement, quels qu'ils soient. Il ne faudra donc pas être surpris de trouver aussi bien les films auxquels on pense immédiatement lorsque le thème est évoqué ("Easy Rider", "Macadam à deux voies", "Zabriskie Point", etc) et des oeuvres qu'on ne s'attendrait pas spontanément à trouver là (par exemple "The Swimmer", où Burt Lancaster parcourt le chemin qui le sépare de chez lui en... nageant dans toutes les piscines se trouvant sur sa route). Nos deux compères incluent également "2001 l'odyssée de l'espace" et "Apocalypse Now", ce qui prouve bien que par route, ils n'entendent pas que bande d'asphalte. Les cartoons de Chuck Jones sont sollicités, les poursuites de Bip Bip par le Coyote étant analysées avec grand sérieux (et un petit sourire en coin) comme exemples de road movies existentiels. Plus généralement, ce qu'on apprécie grandement dans cette analyse, c'est qu'outre que le corpus est large et bien choisi et que les films sont étudiés avec soin, les liens créés entre les oeuvres et les époques suscitent toujours l'intérêt. Les références historiques et culturelles sont souvent bien amenées, et ils s'abreuvent à des sources de choix à chaque fois qu'il s'agit d'éclaircir le rapport à l'histoire (ex. Récits d'Ellis Island : Histoires d'errance et d'espoir de Georges Perec et Robert Bober), ou d'établir des passerelles avec la littérature (ex. Pierre-Yves Pétillon) ou la photographie (Les photographes de la FSA Farm Security Administration : Archives d'une Amérique en crise 1935-1943). Car s'ils donnent toute leur place aux décennies comprises entre la fin des années 60 et les années 80, qui correspondent à l'avènement et à la fortune du terme "road movie", il est hors de question pour eux d'oublier ses racines culturelles et cinématographiques. Evidemment, les rapports que ce sous-genre entretient avec le western sont creusés, mais aussi, donc, la période de la Dépression, centrale à bien des égards. Un des exemples qui revient le plus dans le livre d'ailleurs, avec d'autres films de leur auteur John Ford, est bien "Les Raisins de la colère", un des archétypes du "road movie". Comme dirait l'ami Bruce, le fantôme de Tom Joad n'en finit pas de hanter l'Amérique, et en l'occurrence ses représentations. Autre archétype, qui ouvre le livre, "Le Magicien d'Oz". J'en vois déjà quelques-uns qui tiquent. Non, non, je vous assure, le développement est des plus pertinents, et leur "principe d'Oz" se révèle utile pour montrer par la suite comment d'autres oeuvres l'adoptent ou s'en démarquent : "Si au terme de son voyage l'homme du road movie découvre si souvent un magicien bedonnant (la mort, le vide, un mirage, une famille disparue, un Eden envolé), c'est la croyance ou la foi en un horizon tangible qui lui a permis d'avancer et, ainsi, de trouver ce qu'il cherchait vraiment. Quoi? L'autre part de lui-même, parfois un double qu'il n'avait pas su ou osé regarder en face (au terme de son périple initiatique, Dorothy se redécouvre à la fois strictement identique et radicalement nouvelle : elle a compris pourquoi "there's no place like home"). En quoi le film combine en fin de parcours les deux élans, a priori contradictoires, qui traversaient son héroïne (double rêve d'évasion et de sédentarisation). La route, de goudron ou de briques jaunes, constitue ainsi le lieu d'une illusion nécessaire puisque c'est en la prenant qu'on identifie réellement l'objet de son désir. C'est même de la nature de ce que l'on finit par trouver, insoupçonnable jusque-là, que l'on déduit l'objet réel de sa quête ; celui-ci, en cours de voyage, se modifie, s'affine, se métamorphose même, au point d'entretenir un rapport lointain avec l'impulsion originelle." Ce livre au texte aussi dynamique que chargé de références diverses se devait d'être bien illustré. Il l'est, et affiche de belles reproductions d'images de taille variable tirées des films aussi bien que de photographies canoniques (Dorothea Lange, Walker Evans). La mise en page, aérée, s'avère excellente et met parfaitement en valeur aussi bien les images que le texte. Des pages de couleur jaune, intitulées "Bord cadre", correspondent à des analyses ponctuelles de certains films ou à des entretiens avec des cinéastes (Dennis Hopper, Richard Sarafian, Peter Bogdanovitch). Les derniers chapitres sont consacrés à l'évolution plus récente du road movie, de Jim Jarmusch et Gus van Sant à Michael Mann. Quelques lourdeurs d'écriture mises à part, un livre excellent à tous les points de vue, qui ne manquera pas de captiver tous les amateurs de road movie évidemment, et plus généralement tous les amateurs de cinéma américain. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
LA ROUTE.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Road Movie, USA (Relié)
En 1968,"Easy Rider" de Dennis Hopper fut une révélation et une mise à mal du formatage des films hollywoodiens,du mythe de l'Ouest,des icônes des westerns.Ce beau livre retrace le genre et nous montre les paysages grandioses mais aussi les mornes petites villes américaines. Cela reste un plaisir de revoir ces réalisations des années 70 telles que "Zabriskie Point" d'Antonioni, "Point Limite Zéro" de Sarafian,"L'Epouvantail" de Schatzberg. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Commande perdue,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Road Movie, USA (Relié)
JB Thoret est le meilleur critique ciné français et ce bouquin doit sûrement être génial. Seulement il ne m'est jamais parvenu... Bouououhh
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