Plus dure sera la chute mais sur
Rocks, Aerosmith est encore au zénith de sa folie et de sa créativité ravageuse. Ceux qui persisteront, après l'écoute de cet album, à considérer Aerosmith comme une pâle copie des Stones sont de la race des obstinés. Cet album de blues rock de stade a la puissance d'un jumbo au décollage. Le "Combination" de Joe Perry laisse présager le déclin que sera
Draw the Line, leur album suivant. L'interprétation de Tyler et Perry sur "Lick And A Promise" est magistrale.
Rocks est un album qui a l'odeur de la poudre.
--Rickey Wright
Impossible de départager celui-ci et
Toys In The Attic, il faut avoir les deux, parce qu’ici non plus, aucune faiblesse n’est à entendre. D’une sonorité plus uniforme que celle de
Toys…,
Rocks (qui, à la différence de son prédécesseur, ne comporte aucune reprise) semble plus tourmenté et grave, le groupe ayant beaucoup travaillé à son élaboration.
Le brillant
« Back In The Saddle » frappe déjà au plexus, Tyler, déchaîné, criant, hennissant, yodelant, sautant sur une planche avec des tambourins attachés à ses bottes pour reproduire la cavalcade d’un pur-sang libéré d’un enclos. Joe Perry, pas en reste, signe même une chanson tout seul,
« Combination », et s’en donne à cœur joie avec son partenaire Brad Whitford sur
« Rats In The Cellar » et
« Lick And A Promise », sans nul doute un des plus beaux enregistrements d’Aerosmith. Sur
« Sick As A Dog » et son dédoublement de tempo excitant, Tom Hamilton et Joe Perry s’échangent leurs instruments, Steven donnant aussi un coup de main à la quatre-cordes.
Impossible non plus de ne pas citer tous les autres titres, tant ils forment un ensemble :
« Last Child » et ses vocaux à la limite de la rupture,
« Nobody’s Fault » et son écho entêtant (« sorry, yes, I’m sorry »), le bluesy
« Get The Lead Out » et la traditionnelle ballade finale,
« Home Tonight », encore un tour de force de Steven Tyler. Quelques années après la sortie de
Rocks, un gamin nommé Saul Hudson, l’ayant écouté pour la première fois, trouvera sa vocation, s’achètera une Les Paul et se fera désormais appeler « Slash », distribuant avec son gang des flingues et des roses. Pas de la camelote là-dedans, non, que des cailloux resplendissants, des diamants qui sont plus qu’éternels.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story