La chute du mur de Berlin, en novembre 1989, a déclenché une vague de concerts en 1990 derrière le « Rideau de Fer », avec notamment
Asia - Live In Moscow [Import anglais] ou
Phil Collins : Serious Hits... Live ! (1990) à Berlin, pour le plus grand bonheur des habitants, qui purent enfin avoir accès à ce genre de spectacles.
L'occasion était trop belle, pour Roger Waters, de marquer le coup, et même d'en faire 2 avec une seule pierre: d'une part de remonter 10 ans plus tard le spectacle le plus titanesque de l'histoire du rock, et d'autre part de faire un clin d'oeil à l'Histoire, en démolissant un mur en fin de concert, 7 mois après la démolition du "mur de la honte" sur le même site.
Ayant depuis belle lurette rompu avec ses ex copains du Floyd, notre Roger, loin d'être seul, va s'entourer d'une pléiade d'artistes talentueux et très en vogue à l'époque: Scorpions, Cindy Lauper, Sinnead O'Connor, Bryan Adams, Joni Mitchell, Paul Carrack (de
Mike And The Mechanics) sont de la partie, sans parler d'un orchestre symphonique et d'un ensemble de choeurs. Chacun de ces intervenants va se glisser à merveille dans la peau de son "personnage": Cindy Lauper en étudiante extravertie, Bryan Adams et sa voix éraillée dans "Empty Spaces" et "Young Lust", ou encore ces choristes (dont l'un d'entre eux semble tout droit sorti du fin fond d'un bayou de Louisiane) exceptionnels sur "Mother" et "Confortably Numb"... sauf que l'habit ne fait pas le moine, et que leurs chants prennent vraiment les tripes: émotion garantie !!!
Alors bien sur la polémique peut resurgir: faut-il vraiment assister à la moitié d'un concert en face d'un mur blanc ? Heureusement pour le public présent à l'époque, il se passe énormément de choses devant le mur, comme dans "Bring the boys back home", "The Trial", ou encore la reprise de "In the Flesh" avec les Scorpions, qui malheureusement joueront toute la fin du concert en play-back, puisque ce sont les musiciens de Roger qui assurent (c'est le cas de le dire !) toutes les parties musicales. En heureux téléspectateurs, nous pouvons dans notre salon voir devant et derrière le mur, grâce à toutes les caméras.
Le concert se termine par un morceau de la carrière solo de Roger, "The Tide Is Turning" (de
Radio K.A.O.S), qui est très émouvant, et qui redonne un certain élan à la soirée, la fin de THE WALL étant très "glauque" ...
Spectacle certainement très proche de ce que jouait PINK FLOYD dix ans auparavant, ce THE WALL - LIVE in BERLIN est tout de même incontournable, de par les invités qui y participent, et aussi la qualité des compositions. A l'apogée de son génie musical, Roger Waters, le quasi unique compositeur de l'album (seulement 4 titres sont co-signés avec Gilmour ou Ezrin) met ici en scène un spectacle démesuré, à la hauteur de sa créativité et de sa folie... constructive.