Voilà, je vais passer pour une gourde, j'ai bien aimé ce livre mais je ne suis pas sûre de l'avoir parfaitement compris et ce n'est pas faute de l'avoir lu deux fois ! (honte que j'assume). Avant de résumer l'histoire (du moins, ce que j'en ai perçu) et pour ma défense, cette ½uvre ressemble à une sorte de Mulholland Drive lynchien littéraire, c'est-à-dire qu'on peut l'interpréter de différentes façons, sans que l'intrigue perde en cohérence à chaque fois. Pour les puristes, sachez qu'il est bon de ne pas sauter de ligne (même minuscule) car Stéphane Audeguy a l'art de disséminer des détails importants, souvent présentés de façon futile.
Le titre ROM@ correspond à un jeu vidéo grandeur nature, fabriqué par Nitzky un jeune génie en informatique, travaillant pour le compte de la société canadienne Black Box éditrice de jeux video...Nitzky très intelligent, vivant ses désirs homosexuels libertaires mais souffrant d'hallucinations (eh oui, ça commence). Interviennent également Nano et Delenda, deux joueurs expérimentés de Rom@ : Nano jeune indien, repéré et soutenu par le prince Rachid...Delenda, culturiste romain d'origine pauvre (tous les héros vivent leur petite enfance dans des conditions matérielles épouvantables) souhaitant une revanche sociale à l'occasion du concours international de Rom@ opposant six équipes internationales. Tout cela sous fond de réflexions de la grande Rome (ou certainement Rom@...aïe,aïe !), ville millénaire qui éprouve un profond amour pour une certaine Silvia, va utiliser des procédés d'infiltration pour l'approcher et subit au même moment les Vortex, tourbillons d'ondes magnétiques dégénérescents et engendrant des désordres temporels inquiétants : apparition de Benito Mussolini dans un discours d'investiture, de Freud dans une chapelle, d' Audrey Hepburn lâchée en pleine rue et sans protection, etc. Rom@ où on a le droit à trois vies mais où rien ne se passe comme prévu, Rome-Rom@ où la décadence avance à grands pas et où tout finalement revient à un éternel recommencement, d'où les similitudes avec le grand film de David Lynch.
Rom@ n'en demeure pas moins un OLNI complet, très bien écrit et intéressant, mêlant science-fiction, avant-gardisme, Histoire, mythologie et érotisme y réside une certaine apologie des amours phalliques) et reste un beau challenge de lecture, pour ceux qui le souhaitent.