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le 27 mai 2014
J’aime lire et pour quiconque aime lire, il n’ y a rien de plus enthousiasmant que de découvrir un auteur dont on n’avait jamais entendu parler et dont chaque mot résonne en vous comme s’ il correspondait à ce que dans le fond vous avez toujours su mais que vous n’avez jamais eu le temps ou le talent ou les connaissances d’en extraire une pensée cohérente.

C’est un choc qui arrive peu fréquemment et quand il se produit, je me précipite sur les autres livres qu’a écrit cet auteur pour m’abreuver à cette nouvelle source.

Ce choc, je l’ai connu avec Soljenitsyne, Bertrand de Jouvenel, Arnold Toynbee, Tocqueville, Bastiat, René Girard, Schumpeter, Milton Friedman, Hernando de Soto, et quelques autres.

Je range leurs livres dans l’étage supérieur de ma bibliothèque et quand la médiocrité du monde actuel me pèse trop, j’en attrape un au hasard et je relis quelques pages et je me réconcilie avec le genre humain.

Aussi incroyable que cela puisse paraître je viens de connaître un tel choc en lisant

« Rome, du Libéralisme au Socialisme

Leçon antique pour notre temps »

de Philippe Fabry chez Godefroy Editeur.

Ce livre, dont personne n’a parlé m’est arrivé par le service de presse de l’éditeur et je l’ai lu par hasard .Monsieur Fabry apparemment est un jeune universitaire à Toulouse et il s’agit la de son premier livre. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.

Sa thèse est que Rome est passée insensiblement et en quelques siècles d’un état de Droit consubstantiel au Libéralisme, au droit de l ‘État, la marque du Socialisme et que cette lente glissade est à l’origine de la décadence puis de la chute de Rome. Le Romain est passé en trois siècles de » citoyen » à » sujet » avant que de devenir « esclave »

L’ auteur maîtrise parfaitement les fondements théoriques du Libéralisme et du Socialisme, et en particulier , comme il est juriste , il comprend parfaitement que le Libéralisme est une théorie et une pratique du Droit, et en aucun cas une série de recettes économiques à appliquer pour arriver » à la croissance ».

La croissance est une conséquence de l’application du Droit.

Étant jeune quelques tendances libertariennes se font jour ici ou là, mais l’auteur comprend fort bien qu’un État exerçant ses prérogatives régaliennes avec force et justice est une nécessité .

Monsieur Fabry fait en outre toute une série de développements heureux sur les similitudes entre la Rome antique et les États-Unis d’aujourd’hui et je suis bien sur que Ron Paul n’aurait rien à rajouter.

Ses connaissances économiques sont parfaites et il s’est à l’évidence abreuvé aux sources de l’école Autrichienne en général et de Von Mises et Hayek en particulier, mais sans pour cela en être sectaire, comme certains des thuriféraires de ces deux grands esprits.

Un grand livre donc en ce qui me concerne et qui infirme l’impression désolante qui était la mienne depuis un certain temps: j’en étais arrivé à penser que pour la première fois depuis cent ans il n’ y avait plus un seul grand intellectuel Français, ce qui me désolait.

Je suis heureux de voir que j’avais tort.

La source n’est pas tarie.

J’attends avec impatience le prochain livre de monsieur Fabry.

Les lecteurs de l’ IDL n’ont pas à craindre de perdre leur temps s’ils lisent ce livre

Ils en sortiront plus intelligents et rarement auront- ils dépensé 15 euro à meilleur escient.

Charles Gave
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le 7 mai 2014
Dans ce court essai remarquablement construit, l'auteur applique les principes fondamentaux de la pensée libérale à l'exemple romain.
La chute de cet empire est toujours l'un des grands "mystères" de notre histoire mais ce mystère commence à se dissiper quand on y applique les concepts fondamentaux défendus par le libéralisme contemporain : défense de la propriété privée, égalité devant la loi, liberté du commerce, liberté de conscience, etc.
Comme le démontre l'auteur, l'oubli progressif par les Romains de ces éléments fondamentaux de la civilisation, explique la dérive autoritaire puis totalitaire et l'effondrement final de cet empire.
Il n'y a pas de but plus noble à l'étude de l'Histoire que de nous permettre de mieux comprendre notre monde par la compréhension des réalisations humaines du passé. L'auteur le démontre ici brillamment.

En conclusion, après "L'économie de la Révolution française" de Florin Aftalion et "Le Socialisme en chemise brune" de Benoît Malbranque, Philippe Fabry apporte sa pierre à la nouvelle historiographie libérale française actuellement en pleine renaissance.
Ce livre court mais dense est à lire par tout ceux que Rome intéresse bien sûr, mais aussi par tout ceux qui veulent progresser dans leur compréhension de l'activité humaine.
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le 18 novembre 2015
Un livre court bien écrit et bien construit.
Philippe Fabry ne fait pas dans l'historiquement OK. Il connaît sa Romanité. On ne retiendra pas tout mais l'essentiel : seul l'homme libre peut se relever des pires épreuves. Dieu l'a fait ainsi. L'éternel combat du politique contre l'homme libre a coûté des millions de vies humaines, mais seul l'homme libre a survécu.
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le 7 mai 2014
Pour avoir suivi de très ennuyeux et inutiles cours de l'histoire du Droit romain sur les bancs de l'université qui se résumaient à une suite de catalogues sans idée directrice, je dois dire que "Rome, du libéralisme au socialisme" est une bénédiction pour moi.

On sait tous que le droit romain a évolué au fil d'l'histoire. Il y a des dizaines d'ouvrages descriptif à ce sujet.

L'objet de ce livre, n'est pas de réaliser une description de plus. Il est de de prendre le fruit de ces descriptions historico juridiques pour les mettre à l'épreuve d'une pensée universaliste.

L'auteur du livre, propose ainsi une thèse qui a le mérite de la cohérence et pour ce faire il utilise les outils théoriques développés, entre autre, par Friedrich Hayek, prix Nobel d'économie.
Le livre aurait pu s'intituler : "Rome sur la route de la servitude".

Alors oui, le point de départ du raisonnement est à chercher du côté de l'école autrichienne, dont la théorie se voit appliquée à la Rome antique mais l'auteur ne s'en cache pas.
Et le procédé est parfaitement légitime puisque la pensée de l'école autrichienne se veut universelle et non particulière.

Combien a-t-on eu d'histoire de Rome passée au crible de l'idéologie marxiste qui se veut elle aussi universelle ? Et bien ici Rome est passé non pas au crible, non pas de Marx, mais de l'école libérale autrichienne.

Et il faut avouer que cela fait du bien et que c'est bien plus convainquant.
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Les théories relatives à la chute de Rome sont nombreuses mais, selon Philippe Fabry, ont pour constante de partir de la question de Gibbon, au XVIIIème siècle, portant sur les causes de l’effondrement lui-même, sans chercher à déterminer celles de l’apparition de cet Empire.
Or, Montesquieu s’était quant à lui intéressé au problème romain dans son ensemble, posant une thèse originale et unifiée qui semble ensuite avoir été oubliée.

C’est avec le même esprit, et en prenant le parti de remonter à la question du grec Polybe au IIème siècle avant Jésus-Christ, portant quant à elle sur la grande énigme historique de l’origine de l’Empire romain, que Philippe Fabry élabore sa théorie, reprenant l’explication ultime de Montesquieu sur la liberté perdue.

En s’appuyant, trois siècles plus tard, sur l’analogie qu’il voit avec certains événements du XXème siècle, à savoir le triomphe du modèle américain de capitalisme libéral et d’état de droit et l’échec du modèle soviétique de socialisme et d’état policier, qui ne sont ni un hasard pour le premier, ni un accident pour le second.
Un parallèle osé qui va guider cet ambitieux essai, tout en veillant, pour l’auteur, à éviter tout anachronisme, insistant sur le caractère empirique de ces événements plutôt que le constructiviste ou mu par l’idéologie. Et en adoptant une double démarche à la fois d’historien et de juriste, s’intéressant aux invariants, à ce qu’Aristote appelait des « universaux », en l’occurrence ici le continuum libéralisme / socialisme conçu dans une perspective hayekienne.

C’est pour mettre fin au règne de l’arbitraire et éviter la tyrannie que l’état de droit a été instauré après 509 avant Jésus-Christ et la chute du dernier roi étrusque.
La loi des Douze Tables, datant de 450-449, était garante des libertés et apprise par cœur par les enfants à l’école.
Ces droits fondamentaux (de fonder une famille, de propriété, de commercer, d’intenter une action en justice) s’apparentent aux droits naturels définis vingt siècles plus tard par John Locke.
Philippe Fabry remet ainsi en cause la distinction de Benjamin Constant entre liberté des Anciens et liberté des Modernes. Selon lui, cette distinction correspond en réalité à « une différence entre conception individualiste de la liberté, qui aboutit à l’état de droit, et la conception collectiviste, qui aboutit à la démocratie ». On trouve l’une et l’autre aussi bien dans l’Antiquité qu’aujourd’hui.

Or, c’est la seconde, selon lui, « qui aboutit finalement à la dictature impériale au nom des masses ; et donc sans abandonner l’idée de liberté, mais en en changeant le sens ».
Economiquement, les débuts de la République s’apparentaient à un régime minarchiste ; l’assujettissement à quelque impôt que ce fût (à l’exception du tributum ex census, pour financer les dépenses de guerre) était considérée comme une servitude.
Sur le plan de la justice, chacune des parties pouvait tenter de convaincre le juge de son bon droit ou négocier un accord sans aller jusqu’au jugement, à l’inverse du système inquisitoire, « portant en lui une vision de la supériorité de l’Etat, censé représenter la société toute entière ».

Il s’agissait donc indéniablement, nous dit Philippe Fabry, d’un régime politique, social et économique libéral, même s’il n’était pas encore démocratique et que subsistaient des esclaves.
Il succédait à une organisation tribale et « l’inexistence juridique propre de la plupart des individus ».
Selon Philippe Fabry, « Les Romains des débuts de la République n’avaient guère à se soucier de démocratie dès lors qu’ils avaient conquis l’état de droit : l’exigence de la démocratie n’est un enjeu réel que lorsque l’Etat est puissant, qu’il est le pivot de la société en organisant redistribution des revenus et privilèges. Dans un régime comme la République romaine du Ve-Ive siècle où la sphère de l’Etat se limite à permettre à chacun de faire valoir ses droits de manière égale, alors s’emparer du pouvoir n’est guère une source de profit, et par conséquent celui-ci n’est guère désiré. C’est sans doute la raison pour laquelle Rome n’est jamais devenue une démocratie comme Athènes, parce qu’elle avait su bien mieux que son aînée grecque restreindre la sphère d’intervention de l’Etat (…) ».

D’où, selon l’auteur, le dynamisme et la cohésion de la société romaine de l’époque liées à la liberté qui favorisa le travail et l’échange, et sa capacité à survivre aux pires coups du sort, les individus étant prêts à se battre pour acquérir puis défendre cette liberté.

La mutation socialiste commence, selon l’auteur, au IIIème siècle avant J.C, à partir de la fin de la deuxième guerre punique.
L’importance et la fréquence des guerres qui se succèdent cause des déséquilibres et bouleverse le modèle socio-économique romain en provoquant un afflux de richesses considérable, qui n’a pas pour source le travail et le commerce (ce qui n’est pas sans rappeler, je trouve, l’époque mercantiliste que nous avons connue du XVIème au XVIIIème siècles, avec tous les effets pervers entraînés, de la même manière, par les mêmes causes).
Un enrichissement rapide, « par la prédation », qui va déboucher sur « la corruption du modèle libéral romain ».
L’esclavage se développe considérablement et ce système de conquêtes et d’annexions profite avant tout aux élites.
L’état de droit antérieur se dégrade, cédant la place à « un capitalisme de connivence, ou capitalisme d’Etat », le terme de capitalisme appliqué au monde romain étant justifié par l’auteur, qui relève d’ailleurs que le capitalisme de connivence ne peut-être qu’un faux capitalisme. La classe riche des grands propriétaires acquérait aussi un capital (terres et esclaves) à très bas prix avec l’aide de l’Etat, ce qui créait une nette distorsion avec les nombreux citoyens romains petits producteurs, déjà ruinés par les guerres (quand ils n’y ont pas trouvé la mort), incapables de pouvoir faire face à la concurrence de ces grandes exploitations soutenues par l’Etat.

Un exemple de gouvernement à des fins coercitives, de type socialiste, mais « par le haut », la redistribution ou transfert des richesses se faisant vers les classes supérieures.
Le contraire du capitalisme libéral, qui prône l’égalité devant la loi, la libre entreprise et le respect du droit associé à la responsabilité et l’acceptation du risque et des pertes liées à un éventuel « malinvestissement », qui ne peut être issu que de ses propres apports.
L’affaiblissement de la classe moyenne au profit de cette oligarchie fragilisa finalement progressivement celle-ci, la classe moyenne s’étant nettement prolétarisée jusqu’au désoeuvrement et au désir de révolte.
C’est ainsi que sous l’influence politique des grands tribuns à l’image des frères Gracques, et face aux revendications sociales populaires, on aboutit progressivement à « un socialisme par le bas », précipitant la fin de la République.

Selon un processus similaire à ce que l’on connait aujourd’hui, la surenchère en matière de redistribution se développe à mesure de la nécessité d’entretenir une clientèle électorale, selon un processus toutefois conflictuel et parfois sanglant, chaque classe cherchant à s’opposer aux avantages acquis par l’autre. D’où la « lutte des socialismes » que décrit l’auteur à travers les guerres civiles romaines qui se succèdent de Marius à Octave, aboutissant à l’élimination physique des derniers libéraux romains par Octave, devenu premier Auguste, qui mit fin à la République et bâtit un « socialisme impérial, sorte de fascisme romain », régime dictatorial que Philippe Fabry rapproche du Léviathan de Hobbes (« un Etat fort chargé de mettre fin à la guerre de tous contre tous », alors même, souligne l’auteur, que « le paradoxe étant que c’est précisément la croissance du poids de l’Etat qui était à l’origine de la déchirure du contrat social »).

C’est ainsi que le principat, « dictature socialiste » selon Philippe Fabry, est né d’une « révolution et d’un coup d’Etat, qui aurait pu naître dès Marius ou dès César, mais n’a réussi qu’à la troisième reprise grâce à une politique d’éradication des opposants par le meurtre et la terreur ».
« De manière générale, lorsqu’on dit qu’un empereur était très apprécié du peuple, il faut comprendre qu’il ouvrit les robinets de la dépense publique. Et de manière générale, taxes et dépenses ne devaient cesser d’augmenter dans la Rome impériale, à quoi s’ajouterait aussi l’inflation monétaire ».

Les principes du dirigisme d’Etat ne furent cependant pas appliqués dans tout l’Empire. Ils l’étaient surtout à Rome.
« Une importante liberté économique demeurait encore longtemps la règle dans les provinces et permettait leur prospérité, prospérité qui devait d’ailleurs financer les mesures interventionnistes sur le territoire italien ».

C’est pourquoi le déclin de l’Empire romain est souvent daté du IIIème siècle, « car il s’agit en fait du moment d’extension du socialisme impérial (…) à l’ensemble du monde romain ».
C’est aussi de là que date la rupture de l’égalité judiciaire et la nationalisation de certaines fonctions obtenues par brevet d’Etat. La classe des riches, des notables (homestiores) est traitée différemment des pauvres (humiliores) qui, eux, peuvent être condamnés par exemple à la torture.
L’art officiel est institué, sous forme d’une véritable propagande d’Etat digne, selon l’auteur, de l’Union soviétique. Quant aux finances publiques, elles ne suffirent à assurer les dépenses de l’Etat qu’à mesure des pillages organisés par les guerres de prédation, jusqu’à ce que celles-ci ne permettent plus de les couvrir, rendant nécessaire une nouvelle accentuation de la pression fiscale, étouffant plus encore l’économie de Rome et de l’Empire.
Le culte impérial s’imposa, engendrant les premières persécutions à l’encontre des Juifs et des chrétiens, suspectés de vouloir menacer la paix sociale.

Après l’intermède du règne des Sévères et de l’anarchie militaire, où le pouvoir du Sénat continua à reculer fortement, ce fut le dominat qui, « en recherchant comme solution aux problèmes engendrés par le dirigisme étatique un excès supplémentaire de dirigisme étatique, sombra dans un quasi-totalitarisme qui stérilisa définitivement la société et le monde romain et conduisit le bloc impérial à son délitement ».

Auparavant, Philippe Fabry nous présente une thèse originale au sujet des invasions barbares, dont l’un des facteurs explicatifs essentiels pourrait être la diminution des échanges économiques avec les Germains, suite aux difficultés romaines, qui auraient affaibli à leur tour les peuples du Nord et les aurait conduits à se fournir eux-mêmes ce qu’ils ne pouvaient plus obtenir par le commerce.
Devant l’incapacité du pouvoir central à assurer la défense de l’Empire, celui-ci continua à se déliter. Et c’est dans ce contexte que Dioclétien établit le dominat et le culte de l’Empereur, à travers lui l’Etat. Une sorte de monarchie de droit divin, qui réalisa l’achèvement de l’intégration de l’Empire, faisant fi des particularismes historiques et culturels locaux pour privilégier une optique constructiviste et dirigiste, uniquement centrée sur l’Etat.

Nombreux sont les points communs avec l’esprit soviétique, ainsi que le montre l’auteur dans ses développements, tant sur le plan économique que de la justice (quasi-inquisitoire), jusqu’aux purges dans l’armée. Ce qui le conduit, après force démonstration, à affirmer que le dominat est un authentique totalitarisme.
Et c’est ce qui, en définitive, ainsi qu’il le montre dans un dernier chapitre, a conduit à la chute de l’Empire romain d’Occident, considérablement désorganisé et affaibli, ne devant sa survie du IVème siècle qu’à une pause dans les invasions barbares (il ne survécut pas à la première d’entre-elles, pourtant pas d’une ampleur exceptionnelle, tant l’Empire était sclérosé).

Cet anéantissement eut pour conséquence une plongée dans le féodalisme (les anciens grands fonctionnaires impériaux, les homestiores, la nomenklatura de l’Empire, devenant les grands propriétaires, cette nouvelle noblesse partageant, en France par exemple, son ascendance avec les guerriers Francs ; un parallèle de plus avec la situation de l’effondrement de l’URSS et le « féodalisme moderne » dans lequel est alors tombée la Russie).
Quant à la survivance de l’Empire romain d’Occident, elle ne relève, selon Pierre Fabry, que du mythe.
Sa survie réelle ne dépassa pas 200 ans et ne fut liée, selon lui, qu’à la richesse très ancienne des civilisations dont elle était issue, ainsi qu’à sa géographie particulièrement favorable aux échanges commerciaux, et surtout au fait qu’il fut largement épargné par les invasions barbares.
Pas plus que l’Empire d’Occident elle ne résista aux invasions perse et musulmane du VIème siècle.
En 642 ne demeuraient, finalement, que les vieux territoires de la civilisation grecque.

Philippe Fabry, en définitive, nous amène à en tirer une « leçon antique pour notre temps », montrant, à la suite de Montesquieu, que la chute de l’Empire romain n’avait rien d’imprévisible et a pour cause fondamentale la perversion de l’Etat de droit qui avait été forgé par la République libérale et la prédation fiscale qui s’en suivit, favorisé par le développement du « capitalisme de connivence ».
C’est donc de la perversion politique, qui amollit le « nerf de la liberté », qu’il convient de se méfier comme de la peste. Elle a pour symptômes le dirigisme étatique, la corruption qu’elle favorise, la multiplication des réglementations et du nombre de fonctionnaires, les redistributions et manipulations monétaires, la fiscalité écrasante qui décourage la libre-entreprise et l’initiative individuelle. Autant de facteurs qui entraînent les difficultés économiques, l’asservissement des citoyens et l’affaiblissement de la vertu civique, le tout débouchant sur la dépopulation et la réduction du peuple à l’esclavage par le pouvoir.

On voit le parallèle inquiétant, sur de nombreux points, avec notre Société actuelle.
De quoi s’interroger, au-delà du cas romain, sur la pérennité des grandes puissances libérales. Et en particulier, ainsi que l’auteur s’y livre, établir un parallèle stupéfiant avec le cas des Etats-Unis (il en présente une chronologie comparative assez détaillée en fin de volume), dont tout concorde incroyablement, laissant penser qu’ils semblent bien hélas prendre le même chemin, risquant d’emporter dans leur sillage, sur un horizon de quelques siècles, et malgré quelques petits « retours de flamme libéraux », l’ensemble du monde vers la décadence, la ruine et la servitude.
« La grande question, s’interroge Philippe Fabry, est celle du caractère inéluctable ou pas, à long terme, d’une évolution à la romaine ».
A moins que « l’Amérique entende la leçon de son aînée antique » ?
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le 16 juin 2015
Thèse très intéressante de l'auteur, qui aborde le socialisme par son côté totalitaire, et comment il a pu se déployer au sein de l'empire Romain. Séduisant, bien écrit, mais peut-être un peu excessif par endroits. Lecture stimulante.
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le 21 mars 2016
Bon livre, bien écrit qui permet d'avoir une explication sur cette période historique ainsi que sur les époques plus récentes.
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le 29 juillet 2014
Le droit et l'économie sont intimement liés.

Le modèle libéral trouve son efficacité dans le respect de normes juridiques opposables et un contentieux essentiellement arbitral. Au contraire, la corruption des coutumes dans des rapports humains prédateurs détruit peu à peu les institutions et débouche vers une dictature absolutiste.

Dans son analyse, l'auteur ne va pas jusqu'à dire que l'innovation finale du Bas-Empire a été la constitution d'un Parti-Etat sur la base de la religion catholique. Le paganisme ne connaissait pas une telle structure cléricale puisque ses desservant étaient les magistrats civils. La réforme ultime de Théodose qui a éteint le foyer de la Rome primordiale des libertés publiques auraient mérité d'être traité plus avant comme commencement de la décomposition finale en Occident et la naissance de l'arianisme, tout comme la querelle des iconoclastes en Orient.
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le 30 mai 2014
Le genre de livre à avoir dans sa bibliothèque. Instructif, facile d'appréhension, grande rigueur intellectuelle. Un ouvrage de référence sans aucun doute !
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le 16 mai 2016
Livre très intéressant, relativement court et facile à lire. J'ai apprécié d'abord le début qui décrit le fonctionnement de la Rome républicaine. La suite en découle logiquement, narrée avec talent, la montée de l'administration et des besoins de la dictature impériale, notamment avec le populisme.
On sait que toutes les sociétés suivent le cycle anarchie-seigneurs de la guerre-féodalité-monarchie-démocratie mais le cycle qu'a suivi Rome est très spécifique et décrit ici en détail.
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