En 2006, le gouvernement de la France s'est remis, pour dénoncer les facilités de la dette publique, à celui-là même qui l'avait gérée.
Ce rapport est malfaisant, malhonnête et pratique la logique du terrorisme néolibéral.
Voici quelques explications de mon propos, inspirés de l'excellente critique de Jean-Luc Gréau, ancien chef économique du Medef, dans son dernier ouvrage
La trahison des économistes.
Le rapport enjambe totalement la période où la dette publique a explosé; c'est-à-dire entre 1991 et 1996, englobant cette période dans une donnée générale de "trente piteuses". La dette publique a bondi de 32% à 58% du PIB entre 1992 et 1998. Jean-Luc Gréau explicite que cette explosion est due au "marasme économique et social consécutif à la préparation du projet d'union monétaire européenne". L'Etat a soutenu une politique d'alignement au Mark allemand, fort, surévalué. Le père catastrophe Trichet, alors gouverneur de la Banque de France, a été un fidèle collaborateur de la Bundesbank - politique qu'il s'applique à mettre en oeuvre jour après jour à la tête de la BCE, dans la stricte continuité de cette politique de lutte anti-inflation par le surenchérissement de la monnaie.
Pébereau, ancien président de Banque, membre d'une nomenklatura à l'abri de tous les soucis financiers pour lui et sa famille, ignore superbement l'état des Français hors du 6° arrondissement et des quelques quartiers alentours.
Pébereau ignorerait-il que la population française vieillit et que les dépenses de santé vont continuer à croître ? (ne pense-t-il pas plutôt que ces dépenses doivent être assurées par des services privés, aux logiques de profit, qui laisseront de côté une majorité de Français sans soins).
Il passe aussi sous silence qu'il y a plus de jeunes français âgés de moins de 15 ans que de jeunes allemands du même âge. Il est nécessaire que l'Etat investisse dans leur éducation, formation, en vue de les insérer dans la vie professionnelle.
Par ailleurs, Pébereau gomme la donnée géopolitique. La France doit investir encore plus pour sa défense nationale que ce soit dans le cadre de l'Otan (formulation du TCE) - en alignement sur la politique des Etats-Unis et de ses satellites, ou dans le cadre d'une défense européenne souhaitée.
Pébereau trompe ses lecteurs pour qui dette publique et dette d'Etat signifie la même chose.
"Comme les personnalités chargées du rapport ne sauraient ignorer que la France n'est pas, ou pas encore, débitrice vis-à-vis du reste du monde, nous sommes inclinés à penser qu'ils ont laissé sans scrupule s'installer la confusion dans les esprits, puisque, pour l'immense majorité de nos concitoyens, la dette de l'Etat est synonyme de dette de la nation." (Gréau opcit).
Or en 2007, notre pays restait créditeur (de très peu) vis-à-vis de l'extérieur !
C'est le danger de persistance de notre déficit commercial qui renversera cet équilibre.
Ce que ne peut préconiser ce rapport néolibéral, c'est que seule la protection de nos industries françaises - européennes vis-à-vis des pays comme la Chine et le Japon (et non pas vis-à-vis des autres économies occidentales comme les Etats-Unis), nous permettra de rétablir nos forces.
Ce que ne préconise pas ce rapport, c'est que la BCE doit avoir d'autres objectifs premiers que ceux de la lutte contre l'inflation et du renchérissement de l'Euro.
Ces deux préconisations vont en effet à l'encontre de l'idéologie néolibérale professée par ces messieurs.
Il est urgent de penser avec objectivité et exhaustivité notre économie politique, la Nation, l'Europe, non plus dans l'esprit de ces vichystes défaitistes, injurieux de la France, mais dans celui de la véritable Résistance gaullienne.