Une bande de mercenaires, originaires d'un peu partout (KGB, CIA...), est recrutée par une jolie Irlandaise pour voler une mallette. Seulement, ils ne sont pas les seuls à avoir les yeux dessus. Les Russes aussi sont sur le coup.
Le film se passe en France. Paris, Nice, Arles, c'est toujours un plaisir de voir l'hexagone filmé par des Américains, car ils relèvent des détails que les Français, peut-être trop habitués des lieux, ne filment pas de cette manière.
Orienté vers l'action réaliste, Ronin a un scénario qui se tient, même s'il y a quelques tours de passe-passe assez gros. C'est avec une véritable économie de moyen que les personnages sont posés et complètement crédibles, comme l'embuscade tendue avec une tasse de café ! Il s'agit là d'un des derniers bon rôle de De Niro, qui parfois, si on regarde en V.O., sortira quelques répliques dans la langue de Molière.
Chose qu'on voit rarement au cinéma, il y a de vrais dommages collatéraux. Lors des fusillades, des innocents se prennent des balles perdues, lors des courses-poursuite des piétons sont brutalement renversés. Dans des quartiers paisibles, sur des places de marché, dans des sites touristiques, en somme, dans des lieux de vie quotidienne et ordinaire, l'équilibre est rompu, brisé, le chaos se déchaîne. Pourquoi ? Pour une mallette dont on ne connait pas le contenu.
Le film ne s'attarde jamais, il montre, rapidement, avec des détails évocateurs. Les scènes d'action sont efficaces, vraisemblables. Ronin emprunte aussi des codes au film d'espionnage ; agents doubles, trahisons, loi du silence, contacts, les mercenaires ne connaissent pas le but ultime de l'opération, et ils n'ont pas à le connaître. Ils travaillent pour l'argent ; le reste est sans importance. Et c'est le monde autour d'eux qui trinque.