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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un disque en état de grâce,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ropartz - Requiem / Psaume 129 / Messe brève (CD)
Joseph-Guy Ropartz (1864-1955) fit partie du peu de contemporains à connaître les trois guerres qui virent la France et l'Allemagne s'entre-déchirer. Ami de Vincent d'Indy et d'Ernest Chausson, il fut l'élève de César Franck et partagea sa carrière entre une vie de compositeur, mal reconnu à son époque et encore aujourd'hui certainement en raison de sa vie provinciale, et celle d'un directeur de conservatoire, poste qu'il occupa en particulier à Nancy et à Strasbourg.Extrêmement croyant, il portait une attention toute particulière à sa musique religieuse dont nous avons ici un extraordinaire florilège. Son requiem, composé en 1937-38 et créé e Mars 1939, campe la vision d'une mort sereine, en route vers la lumière éternelle. Il s'agit d'une oeuvre d'une extrême douceur, tout en nuances et en subtilités qui fait immédiatement penser au dernier requiem de Charles Gounod augmenté de l'ajout ponctuel de très légères dissonances ou accords audacieux qui campent l'oeuvre dans son siècle. Le parti pris de n'adjoindre que deux voix de solistes féminines, principalement une soprano (l'excellente Catherine Dubosc) et, ponctuellement, une mezzo (Jacqueline Mayeur à la voix très chaude) renforce l'idée d'une élévation progressive et sereine de l'âme une fois la vie terrestre quittée. L'oeuvre est tout simplement fascinante et subjugue l'auditeur par son extrême beauté et son esthétique formelle. La Psaume 129 qui suit fait écho au Psaume qui apparaît dans les Vêpres des défunts qu'il conclut en général. Il fut achevé en 1941 et créé en 1943 par Charles Munch. La musique y est de la même teneur que dans le requiem, fait là aussi penser aux messes brèves de Gounod. Sa densité et sa charge émotionnelle sont très fortes et l'on y retrouve un Vincent Le Texier qui n'était pas encore la star qu'il est devenue aujourd'hui (l'enregistrement remonte à 1991). La messe brève qui conclut le disque fut écrite en l'honneur de Sainte Anne en 1921. Elle fait appel à un choeur et un orgue, ici joué par François-Henri Houbart qui tient les orgues de la Madeleine. Il est étonnant de constater combien Ropartz prit soin de jouer sur la réverbération afin de magnifier le caractère intimiste et sacré d'une oeuvre très polyphonique et dans laquelle l'orgue est simplement là pour accompagner et mettre en valeur les voix, non pour briller. L'interprétation que donne Michel Piquemal de ces joyaux est tout simplement éblouissante de concentration, d'exactitude, de douceur. Le travail du choeur régional Vittoria d'Ile de France et de l'ensemble instrumental Jean-Walter Audoli est absolument parfait. Comme on bénéficie en outre d'une prise de son très aérée et très précise, c'est un rare moment de pur bonheur qu'on éprouve à l'écoute d'un CD récompensé par un Choc de Classica il y a de cela vingt ans déjà. A ne pas rater ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'essentiel de la musique religieuse de Ropartz, très bien interprétée,
Par JRL (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ropartz - Requiem / Psaume 129 / Messe brève (CD)
Joseph-Guy Ropartz est né à Guingamp (Côtes d'Armor) en 1864. Orphelin dès l'adolescence, il entre au Conservatoire de Paris, où il se lie d'amitié avec Albéric Magnard (1865-1914), et où il est l'élève de Théodore Dubois (1827-1924) et de Jules Massenet (1842-1912), avant d'approfondir ses études musicales avec César Franck (1822-1890). Il prend en 1894 la direction do Conservatoire de Nancy, où il effectue un travail remarquable pour le renouveau de la vie musicale de la ville, et impose, outre les grands classiques (il donnera, notamment, la première exécution en France de la « Passion selon Saint Jean » de Jean Sébastien Bach), ses contemporains, entre autres Edvard Grieg (1843-1907), Gabriel Fauré (1845-1924), Henri Duparc (1848-1933), Vincent d'Indy (1851-1931), Ernest Chausson (1855-1899), Claude Debussy (1862-1918), Charles Koechlin (1867-1950), Florent Schmitt (1870-1958), Georges Enesco (1881-1955), son ami Albéric Magnard, ainsi que lui-même... et cède régulièrement sa baguette à Massenet, Fauré ou d'Indy. Il prends en 1919 la succession de Hans Pfitzner (1869-1949) à la tête du Conservatoire de Strasbourg, où il se montrera l'ambassadeur de la musique européenne contemporaine dans cette ville de nouveau rattachée à la France. Il se retire dans sa propriété de Lanlou (Côtes d'Armor) en 1929, où il s'éteindra en 1955. Ropartz fit bénéficier de son appui de nombreux interprètes, notamment le violoniste et compositeur Eugène Ysaÿe ou le jeune chef d'orchestre Charles Munch et, jusqu'à la fin de sa vie, il se penchera sur des musiciens aussi variés qu'Albert Roussel (1869-1937), Maurice Ravel 1875-1936), Igor Stravinsky (1882-1971), Darius Milhaud (1892-1974), Francis Poulenc (1899-1963), Olivier Messiaen (1908-1992), ou bien encore Pierre Boulez (né en 1925).Son oeuvre aborde tous les genres, de la mélodie à la musique de chambre, de la musique symphonique à la musique religieuse, en passant par le Ballet et la musique dramatique. Parfois réduit à tort à un disciple de César Franck, bien que l'influence de ce dernier soit manifeste dans ses premières oeuvres, comme son premier Quatuor à cordes (1893) ou sa première Symphonie (1895) par exemple, ou considéré, de façon péjorative, comme un musicien « régionaliste » (comme chez beaucoup de compositeurs de la même époque, qui créent des Ecoles « nationales » ou « régionalistes », cette dimension existe aussi chez Ropartz, en particulier dans sa musique religieuse et dans son unique Opéra « Le Pays »), Guy Ropartz est en réalité un compositeur ouvert, comme on l'a vu, à tous les aspects de la création musicale de son temps, qui a toujours conservé une personnalité aux facettes multiples, et dont la créativité en fait l'un des grands compositeurs français de la fin du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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