L’album précédent avait laissé les fans et critiques sur leur faim. Avec
Red Rose Speedway, enregistré en deux temps de mars à juin à Los Angeles puis de septembre à octobre 1972 à Londres, ils assistent à un certain retour en forme, significativement crédité à Paul McCartney & Wings.
Le compositeur avait suffisamment de matière pour publier un double album, regénéré par une tournée festive et l’adjonction du guitariste incisif Henry McCullouch donnant des
ailes à Denny Laine. Il préféra sélectionner les meilleurs fruits de ces longues séances pour présenter six mois plus tard la matière raffinée de
Red Rose Speedway. En avant-goût, le single
« Hi, Hi, Hi » sorti en décembre avait défrayé la chronique en subissant le ban de la BBC pour son texte faisant référence aux drogues (
« We’re gonna get hi, hi, hi ») et au sexe (
« Get ready for my body gun » que McCartney tenta de corriger). Il resurgira en bonus CD avec le ska cuivré de
« C Moon » (sa face B).
En mars, la ballade ambitieuse
« My Love » écrite pour Linda atteint le sommet des charts américains. Le verso
« The Mess » enregistré live à La Hague (Pays-Bas) a été ajoutée en bonus à l’édition CD 1993. Il est savoureux de noter que les singles de Wings obtiendront davantage de succès outre-Atlantique que dans le pays natal de leur auteur, exception faite de
« Mull Of Kintyre ».
Dans une configuration plus musclée et avec des arrangements plus sophistiqués, l’album définit ce qui fera le style Wings : les titres rock taillés pour les stades et les ballades avec un écho constant sur les voix, l’omniprésence des chœurs, les grappes de piano, les envolées de guitares, comme sur
« Get On The Right Thing » datant des séances
Ram avec McCracken et Spinozza. Tout comme le délicat
« Little Lamb Dragonfly » qui figure au chapitre des réussites de l’album. Le mignon
« When The Night » est suivi de l’instrumental
« Loup (1st Indian On The Moon) », demontrant une autre facette – expérimentale – du bassiste aussi adepte du clavier Moog.
Le disque se termine sur une suite de onze minutes qui occupe la majeure partie de la seconde face (originelle). Dans ce
« Medley » divisé en quatre chapîtres sous-titrés
« Hold Me Tight – Lazy Dynamite – Hands Of Love – Power Cut » , McCartney laisse aller son inspiration mélodique le long d’un courant calme et dépouillé.
Certains titres écartés du projet initial feront surface ultérieurement, par exemple le
« I Would Only Smile » de Denny Laine (souffrant du syndrôme harrisonien) qui sera inclus dans
Japanese Tears (1978) ;
« Country Dreamer » (en face B du single
« Helen Wheels ») et
« I Lie Around » (au dos de
« Live And Let Die » et en bonus de l’édition 1993) ; ou deux autres encore inédits :
« Tragedy » et
« 1882 ».
Loïc Picaud - Copyright 2012 Music Story