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Commentaires client les plus utiles
19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une Rose éternelle,
Par Guy Jacquemelle (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rose (Broché)
Paris, sous le Second Empire. A deux pas de l'Eglise Saint-Germain des Près se situe la rue Childebert.Rose Bazelet habite seule une vieille bâtisse, haute et carrée. Depuis plus de deux siècles, cette demeure est la fierté de sa belle famille. Rose en a fait la promesse à Armand, son défunt mari : jamais elle n'abandonnera cette maison. Un jour, elle reçoit une longue enveloppe blanche cachetée d'un épais sceau rouge sang. Une lettre d'expropriation venant de la Préfecture de Paris : le tracé du boulevard St Germain, voulu par le baron Haussmann, passe par la Rue Childebert. Magnifique récit que ce roman épistolaire de Tatiana de Rosnay. L'auteure de Boomerang nous entraine dans les ruelles, les jardins et sur les places d'un Paris aujourd'hui disparu, une époque où les parisiens prenaient le temps de vivre, croisaient des allumeurs de réverbères, ou des conducteurs de fiacres jouant des coudes avec les charrettes surchargées. Inoubliable moment aussi cette promenade piétonne sur la Seine gelée, prise par les glaces. C'était également un siècle où le coeur pouvait s'arrêter sans crier gare et l'eau d'une fontaine provoquer un choléra foudroyant. On y croise des personnages pittoresques et attachants : Alexandrine, la fleuriste qui apprend à Rose l'art des bouquets , monsieur Zamaretti, le libraire qui lui fait découvrir Flaubert, Baudelaire, Zola, ou Balzac, Gilbert un chiffonnier noir de saleté et de suie, mais au c½ur généreux. On y rencontre aussi Marville, le photographe ayant immortalisé ces ruelles disparues et même le baron Hausmann, au détour d'un escalier de l'Hôtel de Ville. Rose est aussi un roman sur l'amour, la solitude, la fidélité, l'amitié, la nostalgie, la passion des lieux, la famille et les non-dits; car chez Tatiana de Rosnay les personnages ont des secrets que les murs savent garder et que les lecteurs rêvent de percer. De lettre en lettre, l'héroïne replonge dans son passé et dévoile peu à peu cette blessure qu'elle n'a jamais osé confier à son mari Rose, enfin, c'est l'histoire d'une femme, opiniâtre et malicieuse, que l'on aime dès la première page et qui nous entraine dans un suspens insoutenable jusqu'à l'ultime rebondissement de la dernière page. Quelle magnifique idée de revisiter les travaux d'Hausmann du côté de ceux qui étaient viscéralement attachés à leur appartement ou leur maison, qui ont été méprisés, déplacés , déracinés. Rose raconte le traumatisme de ces travaux trop grands et inhumains. Avec la démolition de leur demeure, ce sont toutes leurs vies qui s'effondrent et leurs souvenirs qui disparaissent. La prochaine fois que vous flânerez près de Saint-Germain des Près, soyez attentifs. Si vous avez un peu de chance vous y croiserez peut-être Rose une héroïne à jamais liée à ce quartier et que vous n'êtes pas prêt d'oublier Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
charmant !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rose (Broché)
Paris, 1868. Rose Bazelet reçoit une lettre du préfet qui la bouleverse. Sa maison située sur le tracé du boulevard St Germain doit être détruite. Veuve depuis 10 ans, elle confie par écrit à son défunt époux Armand son combat quotidien pour garder leur demeure rue Childebert.Et oui, il s'agit du nouveau livre de Tatiana de Rosnay et nul doute qu'on va en parler beaucoup. Alors, je vais essayer de ne pas en dire de trop... Avec ce livre, l'auteure nous plonge dans Paris sous le Second Empire. Le Préfet Haussmann veut une ville neuve avec de grands boulevards. Un Paris propre doté d'assainissement des égoûts. Une révolution qui s'effectue avec la destruction entière de quartiers. La maison de Rose Bazelet doit être détruite. Une maison chargée de souvenirs et qui a une âme. Dans une écriture élégante et raffinée, Rose nous décrit ce Paris d'avant, son quartier et sa vie. Alexandrine, la fleuriste avec qui elle nouera une amitié très forte, Mr Zamaretti, le libraire qui lui fera découvrir Faubert, Baudelaire ou encore Zola. Gilbert, le chiffonnier qui l'aidera à rester cachée. On ressent tout l'amour, l'attachement de Rose pour cette demeure. Au fil des pages, sa personnalité s'affirme et la femme se dévoile. Roman épistolaire où l'on découvre également des lettres reçues par Rose, d'autres thèmes son abordés : l'amour, la solitude, les relations mère-fille et les non-dits. Car malgré les apparences d'un bonheur tranquille, il y a des points qui font mal et un secret inavoué à son mari. Voilà, je n'en dirai pas plus... Alors oui, je me suis laissée porter par ce roman qui a un goût de nostalgie. Une déclaration d'amour sous la forme d'une plongée dans ce Paris où les références à la Curée de Zola sont incontournables. Petit bémol : j'ai deviné très vite le secret de Rose et l'effet de surprise a été gâché. Par contre, le fin mot du livre est beau et terrible. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Les roses du souvenir,
Par Laure (Sarthe, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rose (Broché)
1868 à Paris. Rose prend la plume pour écrire une longue lettre à son époux Armand, décédé dix ans auparavant. Elle se terre dans leur maison tant aimée de la rue Childebert, maison vouée à la destruction du fait des travaux d'embellissement de Paris par le baron Haussmann, préfet de la ville sous Napoléon III, qui a la folie des grandeurs et des grands boulevards. Les actes d'expropriation et les dédommagements financiers n'y changeront rien : Rose ne veut pas quitter sa maison.Mais avant que les travaux de destruction ne commencent, elle doit se confier à Armand, lui confesser ce lourd secret qu'elle n'a pas eu la force de lui révéler de son vivant. Mais sa longue lettre est aussi l'occasion de revisiter leur bonheur, leur rencontre, la naissance de leurs enfants, la difficulté que Rose a à aimer de manière égale ses deux enfants, sa belle-mère Odette qui l'aime comme sa fille, les amis qui lui sont chers et qui l'ont soutenue à la mort d'Armand : Alexandrine, la fleuriste, M. Zamaretti le libraire, la comtesse de Vresse ; et de découvrir une page méconnue de l'histoire sur l'évolution de Paris. Si j'avais des doutes sur ma capacité à apprécier un roman historique (ce n'est pas ma tasse de thé), j'ai vite oublié mes craintes pour me laisser emporter par ce roman à l'écart de la frénésie moderne, au charme légèrement suranné, où la lenteur de la plume conduit le rythme. Tatiana de Rosnay sait à merveille raconter une histoire et vous faire vivre avec ses personnages. On croirait sentir le parfum des roses et des fleurs de la boutique d'Alexandrine, revivre l'amitié de ces deux femmes si différentes, balayer la poussière des travaux incessants et démesurés, qui ont fait de Paris ce qu'elle est aujourd'hui. p. 52 « Comment pourrais-je jamais quitter cette maison, mon amour ? Cette haute maison carrée, c'est ma vie. Chaque pièce a une histoire à raconter. Retranscrire l'histoire de ce lieu sur le papier est devenu un besoin terrible, irrépressible. Je veux écrire afin que nous ne soyons pas oubliés. Oui, nous les Bazelet de la rue Childebert. Nous avons vécu ici, et en dépit des embûches que le sort nous a réservées, nous y avons été heureux. Et personne, écoutez-moi bien, personne ne pourra jamais nous l'ôter. » p. 88 : « Le préfet et l'empereur rêvaient d'une cité moderne. Une très grande cité. Et nous le peuple de Paris, n'étions que des pions dans cette gigantesque partie d'échecs. » J'ai aimé : - le roman épistolaire au long cours - la parenthèse hors du temps, j'ai vécu dans une bulle quelques heures avec les personnages - la fin, assumée et sans équivoque (j'ai horreur des fins ouvertes où le lecteur doit imaginer ce qu'il veut et de préférence le meilleur), je me demandais sincèrement jusqu'où irait l'auteur, si il y aurait un revirement ou pas. La tension allait croissant, vraiment ! Non seulement j'ai eu la réponse que j'imaginais, mais avec une surprise en plus. J'ai un doute : - sur le secret confessé, enfin pas tant sur le secret lui-même que sur les conséquences qu'il a eu sur la vie de Rose, j'ai un peu de mal à y adhérer, même si elle s'en justifie au détour d'une phrase. (C'est énigmatique mais je ne veux pas trop en dévoiler) Nul doute que Rose séduira son lectorat ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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