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5.0 étoiles sur 5
Le chef d'oeuvre de Polanski, 19 août 2006
Rosemary's Baby est sans conteste, le chef d'oeuvre de Polanski. Ce film on ne peut plus angoissant reprend avec talent les leçons tirés de "Répulsion" ou bien même de "Cul-de-Sac", pour nous offrir un huis-clos d'une redoutable austérité. L'histoire est simple mais s'avère au fil des minutes, de plus en plus ambiguë et troublante. Un jeune époux et sa femme enceinte s'installe dans une maison étrange et très vite cette dernière, éprouve de la méfiance pour ses voisins de pallier, qu'elle soupçonne de pratiques occultes. Très vite, elle se met à craindre pour la vie de son enfant et sombre dans une frénésie que ne comprend pas son entourage. Polanski aborde la paranoïa comme personne auparavant, et sème une confusion terrible dans notre esprit, jusqu'à la scène finale éblouissante et profondément choquante qui nous laisse malgré tout avec nos doutes et nos interrogations. On notera la prestation remarquable de Mia Farrow dans la rôle de la mère en proie à de profondes angoisses et de John Cassavetes dans celui du mari qui ne parvient pas à répondre à ses questions et qui finit par être lui aussi soupçonné. La mise en scène en tout point remarquable est accompagné par une bande son glaciale, fait de ce film, un classique du genre et une aeuvre ô combien admirable...
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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le divin enfant, 2 juin 2005
Rosemary's baby s'avère être bien au-delà d'un film purement fantastique, bien qu'il traite de la sorcellerie et du satanisme, c'est un schéma sur la paranoïa. Un véritable drame psychologique.
Roman Polanski prend le temps d'installer son oeuvre. Les 130 minutes que compte le film, nous plongent dans la psychose de Rosemary Woodhouse d'une manière très efficace.
Un grand chef d'oeuvre du cinéma fantastique, où plane une atmosphère inquiétante, sans effusion de sang, ni recours aux scènes chocs.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Roman Polanski, 8 novembre 2009
Second volet de la trilogie de l'appartement après "Répulsions" et avant " Le Locataire", "Rosemary's Baby" fait partie de ces classiques indémodables qui malgré leurs nombreuses années d'age n'ont pratiquement pas pris une ride. Alors que le premier volet montrait Catherine Deneuve combattre ses obsessions au c½ur d'un appartement déserté par le seul lien affectif auquel elle croyait encore pouvoir s'accrocher, sa soeur, et que le dernier donnait lieu à l'éprouvante montée vers la folie dont était victime le personnage principal, "Rosemary's Baby" distille quand à lui une angoisse qui ne faiblit jamais. Même pas jusqu'à la toute dernière scène durant laquelle nous est enfin révélée la vérité sur les événements relatés durant plus de deux heures. Un nette différence est visible entre chaque volet de la trilogie. Chaque film est l'occasion pour Roman Polanski de pénétrer dans les tréfonds de l'âme humaine et surtout de construire un scénario qui va lui permettre de développer un point de vue différent. S'il ne fait aucun doute que l'héroïne de "Répulsion" éprouve une totale aversion envers la gente masculine et que
le départ de sa s½ur est pour beaucoup dans le drame qui va suivre, jamais, et ce malgré les visions cauchemardesques dont elle est victime, on ne doute un seul instant qu'il puisse s'agir d'une tragédie authentique et non pas d'un événement à mettre sur le compte d'une quelconque ½uvre fantastique. "Le locataire" lui opte pour un suspens dont il ne nous libérera que durant le dernier acte. Même si tout comme dans "Répulsion" le personnage de Trelkovsky est atteint de graves troubles psychiatriques, Polanski préfère, au contraire du premier volet, laisser un doute planer tout au long du métrage. Tout comme dans "Rosemary's Baby" d'ailleurs puisqu'à aucun moment on ne sait véritablement si l'héroïne vit simplement difficilement sa grossesse ou s'il existe bel et bien un complot contre elle.
L'intelligence du scénario est de parvenir à nous persuader qu'il y a bien un démon qui se tapit derrière cette histoire et que l'entourage de Rosemary fait partie du complot avant de nous persuader deux minutes plus tard que la vérité est ailleurs. Et comme Polanski nous a habitués à faire de ses personnages des être normaux qui très vite glissent la folie, on finit par se dire qu'ici il en est de même. Sauf qu'à jouer au yoyo durant deux heures, on préfère attendre. Parce qu'il faut bien l'avouer, ce que vit Rosemary, on le ressent nous-même assez vite. La tension est extrême d'autant plus que la jeune femme est seule et que les rares amis sur lesquels elle semble pouvoir compter sont mis de cotés et même, pour certains, purement et simplement éliminés. Il y a des coïncidences frappantes qui feront douter les plus sceptiques. Entre Guy qui n'assume pratiquement plus son rôle de mari, préférant se plonger dans les répétitions (il est acteur de théâtre), et les charmants voisins qui s'occupent de Rosemary davantage que l'auraient fait ses propres parents, une étrange relation se crée au sujet de la future mère et de sa grossesse. L'union entre les deux mariés nous est dévoilée au travers de visions surréalistes et mystiques dont est victime la jeune épouse et dont la responsabilité semble en incomber à l'abus d'alcool dont elle a fait preuve peu de temps auparavant. A ce moment très précis on ne se doute pas encore de l'éventuelle machination qui se trame autour de Rosemary et lorsqu'elle accepte de manger la mousse au chocolat généreusement préparée et offerte par leur très sympathique voisine Minnie, on n'imagine pas encore que cette dernière ai pu l'empoisonner. Plus tard par contre, chaque cadeau, chaque décoction et chaque conseil prodigués nous fera douter des véritables intentions de son entourage. On réalise au terme d'une ½uvre angoissante et parfois même étouffante que la folie n'est cette fois-ci responsable des maux dont est victime la principale protagoniste mais qu'elle est bien victime d'une secte à la gloire de Satan. Quand à savoir si c'est la folie collective d'un groupe d'illuminés ou la réelle présence du diable qui met en péril la fragile existence de Rosemary's Baby, c'est à la toute fin du film que nous est révélée la vérité.
Chaque acteur campe son rôle magistralement avec en premier lieu une Mia Farrow touchante, frêle et héroïque dans sa silhouette menue, un John Cassavetes lâche, pétri d'hypocrisie et une Ruth Gordon amusante, étouffante et faussement protectrice. La mise en scène de Roman Polanski ne souffre d'aucun défaut, même pas d'être d'un autre temps puisque malgré ses 40 ans, elle n'a pas pris une ride...
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