Qu'il est beau, le jeune péruvien ! On voudrait bien l'inviter chez soi après une première, histoire de réviser un peu son solfège... En tout cas c'est l'effet qu'il m'a fait quand je l'ai vu la première fois sur scène. En passant j'avais apprécié tout de même la belle rondeur de son timbre et sa rayonnante aisance dans les registres les plus périlleux. Au disque l'effet n'est, hélas, pas le même. Dépourvu d'une palette de couleurs suffisante, prononçant assez mal l'italien (avec des "s" et des "c" durs qui dénoncent ses origines hispano-américaines) le ténor tant admiré ne fait pas mouche. C'est la fantaisie qui lui manque, et Dieu sait si elle est indispensable dans ce répertoire fait de trois notes qui se courent après, et dans le même ordre. Franchement je trouve cette performance très décevante, par rapport à ce que le très, peut-être trop, jeune artiste arrive à donner "sur le vif". La faute en revient peut-être à sa projection vocale, très généreuse, et à l'éloignement excessif du micro, qui met en valeur le vibrato excessivement serré du chanteur. En somme : Florez est l'inverse de Bartoli. Alors que cette dernière est inaudible ou presque au théâtre, le chanteur péruvien trébuche au disque sur sa limite majeure : l'incapacité de calibrer une voix de diamant encore à l'état brut.