ROT en 1972, c'est le krautrock dans sa face la plus sombre, bruitiste et expérimentale. A la première écoute on pourrait se dire qu'il s'agit d'une musique faite par un pyschopathe pour des psychopathes. Sur la première face appelée "Krautrock", Conrad Schitzler invente avec des moyens matériels limités l'électro-indus. Il faudra attendre quelques années avant que les groupes anglais, Cabaret Voltaire et Clock DVA, en livre une version nettement plus soft. Meme si les rythmes sont encore rudimentaires, cette chorégraphie bruitiste est encore aujourd'hui extremement impressionante dans sa réalisation. Rot a également un disque jumeau, Blau, aussi novateur mais plus leger, plus ambient. Un troisième album enregistré en 72 mais publié qu'en 2002, intitulé CON 72 représente le style "Schnitzler" dans sa face la plus intégriste. Je défis quiconque d'écouter CON 72 sans se taper une crise d'angoisse : 42 minutes ou l'esprit d'un malade mental s'empare d'un synthé pour vous rendre fou !
Une grande part de l'électro des années 80-90 doit une dette envers les premiers albums de Schnitzler.
C'est pour ça que quelques réeditions s'imposent.