Jean Christophe Rufin a évité, grâce à son talent, l'écueil d'une sorte de remake de Paul et Virginie chez les cannibales ! Et il y fallait du talent en effet pour maintenir éveillé l'intérêt du lecteur pendant 500 pages. Car le cadre de l'action n'est qu'un ilôt de la côte du Brésil.L'intrigue, heureusement, s'inscrit dans l'Histoire mouvementé de la Renaissance, de l'appel du Grand Large et des heurs entre les religions. Les personnages sont un peu caricaturaux, JC Rufin ne fait pas dans la dentelle. On retrouve les mêmes ficelles romanesques déjà mentionnées par aileurs: revirement, amour, dépaysement. Le lecteur retiendra cependant d'abord de Rouge Brésil, combien les hommes peuvent être pervertis par les affrontements religieux. Cette problématique semble donc être récurrente chez l'auteur. Après les querelles entre les Jésuites et les Capucins de l'Abyssin, Jean Christophe Rufin porte intérêt ici à celles qui opposèrent les Catholiques et les Protestants.Que conclure? Un ouvrage bien écrit,un sujet original, un rytme soutenu. Un bon roman en somme? Oui, mais pas génial!