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Naura-t-on de cesse de semporter contre les Américains victorieux de Saddam ? Manifestation dantiaméricanisme viscéral comme le pense Pierre Berger dans le Dictionnaire amoureux de lAmérique ? Ou réaction passionnée comme le fait penser le préliminaire de Jacques Julliard : "Jai gardé de la guerre dIrak un souvenir plein damertume, comme à chaque fois que je me fâche avec un ami" ? Cette phrase fait la preuve que lauteur maîtrise à merveille le sens de la formule. Sa plume sest déjà bien aiguisée sur chacune de ses chroniques parues dans Le Nouvel Observateur et dans plusieurs essais à succès : Pour la Bosnie et Dictionnaire des intellectuels français. Comme nouvelle preuve, sil en faut, la conclusion de ce petit ouvrage : "La plus grande victoire de Ben Laden, ce nest pas lattaque contre les tours jumelles de Manhattan et les trois mille morts quelle a faits. Sa plus grande victoire, cest le nouveau cours de la politique américaine. Cest le triomphe dune philosophie qui par certains points sapparente à la sienne : heurt de civilisations, primat de la force sur le droit. Cest léclatement de lOccident qui sensuivit.".
Peu de mots suffisent à Jacques Julliard pour résumer sa pensée offerte à prix modique dans ce nouveau volume à ajouter à lheureuse collection inaugurée par Gallimard depuis peu. La lecture laissera une inquiétude profonde devant labandon par lAmérique, "une amie", de son ambivalence, se montrant jusqualors dans ses liens avec lAncien monde. Car du "fiasco irakien" (chapitre 1) est né la "destruction des alliances" occidentales (chapitre II) et la "destruction des principes", le mensonge ayant fait place à la morale (chapitre III), au risque dune "Rupture dans la civilisation". Hormis cette démonstration brillante sur les événements qui ont soulevé la guerre en Irak, on gardera aussi en mémoire les répliques cinglantes de lauteur, en fin du livre, à Bernard Kouchner, André Gluksmann, Daniel Bensaïd et Régis Debray. Un livre à lire, résolument. --Franck Mimar
Peu de mots suffisent à Jacques Julliard pour résumer sa pensée offerte à prix modique dans ce nouveau volume à ajouter à lheureuse collection inaugurée par Gallimard depuis peu. La lecture laissera une inquiétude profonde devant labandon par lAmérique, "une amie", de son ambivalence, se montrant jusqualors dans ses liens avec lAncien monde. Car du "fiasco irakien" (chapitre 1) est né la "destruction des alliances" occidentales (chapitre II) et la "destruction des principes", le mensonge ayant fait place à la morale (chapitre III), au risque dune "Rupture dans la civilisation". Hormis cette démonstration brillante sur les événements qui ont soulevé la guerre en Irak, on gardera aussi en mémoire les répliques cinglantes de lauteur, en fin du livre, à Bernard Kouchner, André Gluksmann, Daniel Bensaïd et Régis Debray. Un livre à lire, résolument. --Franck Mimar
Présentation de l'éditeur
La fascination exercée sur les Européens par les Etats-Unis, provenant de leur ambivalence en tant qu'héritiers de l'ancienne Europe et inventeurs du nouveau monde, n'est plus. En renonçant aujourd'hui à cette ambivalence, notamment dans la gestion de la crise irakienne, les Etats-Unis ont renoncé à leur identité.